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La Côte d'Ivoire face à ses démons
19 mai, 2017 Leslie Varenne

Pour la quatrième fois en six ans, des mutins ont tenu la Côte d’Ivoire au bout de leurs kalachnikovs. Pendant quatre jours, une grande partie d’Abidjan et presque toutes les villes de l’intérieur ont été sous leur contrôle. Ce dernier accès de fièvre, n’est en réalité rien d’autre que le énième soubresaut de la guerre de 2011 qui n’en finit pas de livrer ses spasmes. Si cette guerre n’a pas produit des effets aussi visibles et délétères que celle qui a eu lieu en Libye, elle a néanmoins engendré une crise systémique qui secoue le pays à intervalles réguliers. Le Président Alassane Ouattara est un des premiers responsables de cette situation, mais il en est aussi le prisonnier. Comme en Irak en 2003, l’armée républicaine de Côte d’Ivoire a été totalement déstructurée par cette guerre. Depuis son accession au pouvoir, il est un chef sans armée, dépendant des commandants de l’ex-rébellion qui l’ont aidé à s’installer. En six ans d’exercice, il n’a pas su, pas pu ou pas voulu remédier à cette situation. Il n’a donc pas eu d’autre solution que de plier, de satisfaire les exigences des soldats insoumis et de payer les 7 millions de CFA réclamés par chacun des 8400 insurgés, quitte à sortir de cette séquence très affaibli (1). De toute évidence, il n’y avait pas d’alternative, puisque l’armée « loyaliste » ne montrait aucune velléité d’aller mater les mutins.


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Les pays occidentaux complices de crimes contre l’humanité au Yémen.
07 mai, 2017 Alain Corvez

La sauvage agression du Yémen par l’Arabie Séoudite se déroule depuis mars 2015 dans l’indifférence générale des pays occidentaux pourtant ardents à donner des leçons de morale au monde entier pour dénoncer les crimes des Etats auxquels ils sont hostiles, voire dont ils veulent changer les dirigeants, qui ne répondent pas à leurs critères, par la force des armes, en dehors de toute légalité internationale. Une hypocrisie odieuse marque leur politique qui n’est, en fait, que celle décidée à Washington.



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Quelle pourrait être la politique étrangère d’Emmanuel Macron ?
28 avril, 2017 Leslie Varenne

Ils étaient 11, il n’en reste plus que 2. Dans cette campagne présidentielle qui ressemble à un jeu de téléréalité, la politique internationale a été, une fois encore, le parent pauvre du débat. Pourtant, le monde est en proie à de grands tremblements ; le risque d’attaque nucléaire est sérieusement envisagé ; la catastrophe afghane est réactivée [1], chaque jour des milliers de civils meurent dans les guerres d’Irak, de Syrie, du Yémen ou lors de conflits larvés comme en République Démocratique du Congo, au Congo Brazzaville, dans le Sahel. Ce début de 21ème siècle signe également la recrudescence de pratiques barbares lors de ces conflits [2]. Face à cet état des lieux, que fera Emmanuel Macron, s’il est élu le 7 mai 2017 ? Remettra-t-il en cause les grandes lignes suivies par le Quai d’Orsay depuis dix ans, qui ont conduit la France à être au mieux inefficace et inaudible, au pire, de se faire l’apôtre des va-t’en guerre ? Sa dernière déclaration concernant la Syrie ne prédispose pas à penser qu’il opérera de changement. Le 28 avril à Amiens, il a, en effet, déclaré « Je condamne avec la plus grande fermeté l’utilisation d’armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad. Cela contrevient d’une part au Droit International et d’autre part aux accords de 2013. Et donc si je suis élu président de la République, je prendrais les dispositions en lien avec la coalition et, si possible sous mandat de l’ONU, mais même sans mandat de l’ONU pour neutraliser ses capacités chimiques du régime de Bachar el-Assad ». Avec cette annonce, non seulement Emmanuel Macron inscrit ses pas dans les traces des deux derniers Présidents de la République qui ont toujours privilégié les valeurs, « l’ingérence humanitaire », aux principes, le droit international, mais à l’instar de Donald Trump, il s’octroie la possibilité d’une intervention unilatérale. Cela étant, il faut rester prudent et ne pas prendre au pied de la lettre les déclarations d’un candidat en campagne, le pire n’est jamais certain, il y a souvent des gaps abyssaux, heureux ou malheureux entre les paroles et les actes. En revanche, le choix des hommes pressentis pour le conseiller dans ce domaine donne des indications plus crédibles que des bribes de discours déclamés sous les feux de l’actualité. Deux noms ont particulièrement attiré l’attention de l’IVERIS, ceux de Gérard Araud et de Justin Vaïsse.

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Le New York Times conseille à Donald Trump de soutenir Daech
14 avril, 2017 Maxime Chaix

Triple lauréat du prix Pulitzer, le célèbre éditorialiste du New York Times, Thomas Friedman, a récemment conseillé à l’administration Trump de soutenir militairement Daech en Syrie, tout en luttant contre cette même organisation terroriste en Irak. Une politique aussi contradictoire et dangereuse permettrait, selon lui, d’« imposer suffisamment de pression sur Assad, la Russie, l’Iran et le Hezbollah » pour qu’ils acceptent de négocier le départ du Président syrien. Au début de cette chronique, intitulée « Pourquoi Trump combat-il l’EI en Syrie ? », Thomas Friedman opère une distinction pour le moins hasardeuse entre ce qu’il décrit comme le « Daech territorial », qui s’étend de l’Irak à la Syrie, et le « Daech virtuel », qui mobilise ses recrues via le cyberespace. D’après lui, ce dernier élément est « satanique, cruel et amorphe ; il dissémine son idéologie grâce à Internet. Il endoctrine des adeptes en Europe et dans le monde musulman (...) [, et il constitue] la première menace qui pèse sur [le monde occidental].» Ayant comme principal objectif de vaincre Bachar el-Assad et ses soutiens, le « Daech territorial » est, au contraire, perçu par Thomas Friedman comme un atout stratégique pour les États-Unis et leurs alliés. D’après lui, sa défaite militaire en Irak et en Syrie entraînerait une multiplication des attentats du « Daech virtuel » en Occident et ailleurs, dans le but de compenser la disparition du « califat » d’Abou Bakr al-Baghdadi.

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Congo Brazzaville : un si triste anniversaire
06 avril, 2017 Leslie Varenne

Le 4 avril 2016, une dizaine de jours après la réélection contestée de Denis Sassou Nguesso à la Présidence de la République, les premiers bombardements s’abattaient sur le département du Pool au Congo Brazzaville. Le 4 avril 2017, deux hélicoptères de combat bombardaient la localité de Missafou. Bilan provisoire : 4 morts, 7 blessés. Depuis un an, dans l’indifférence générale, le pouvoir congolais multiplie les atrocités, meurtres, pillages, incendies de villages, viols, arrestations arbitraires, y compris de femmes et d’enfants. En octobre 2016, l’IVERIS s’interrogeait déjà : « combien de temps encore les exactions commises par l’armée et les milices du Président congolais pourront-elles être cachées sous le tapis de la « communauté internationale » et des organisations humanitaires ? Combien de temps encore Denis Sassou Nguesso pourra-t-il rester à la tête d’un Etat qui s’enfonce inexorablement dans une profonde crise militaire, politique, économique et sociale ? » (1) Le temps passe, les questions restent, rien ne change…  

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Hôpitaux d’Alep : la sale guerre…
14 mars, 2017 Leslie Varenne

Pendant toute la durée du conflit à Alep, les hôpitaux de cette ville ont été au cœur de « l’information de guerre ». Les médias occidentaux et les ONG ont déploré tant de bombardements sur les structures de santé situées dans les quartiers Est, que cette partie de la ville aurait pu passer pour la zone la plus médicalisée au monde. Tant de nouvelles, fausses ou approximatives, ont été relayées qu’il a été difficile de démêler l’écheveau. Cependant, après la libération d’Alep, grâce à l’aide de médecins Aleppins rencontrés lors de la mission humanitaire à laquelle l’IVERIS a pu participer, il est désormais possible de dénouer les fils [1].  

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Industrie, déni de réalité et programmes présidentiels
05 mars, 2017 Loïk Le Floch-Prigent

Et si on arrivait un jour dans cette folle campagne à parler industrie ?

François Ruffin a reçu le César du meilleur film documentaire dont le titre est « Merci patron » qui porte sur une délocalisation d’une usine d’Amiens vers la Pologne. Son discours de remerciement est rude pour les spectateurs, il dénonce politiques comme journalistes et gens du cinéma devant l’apathie générale du pays devant les déménagements industriels. Le titre annonce bien la thèse et il cite les groupes LVMH, Whirpool et Goodyear, le luxe, l’électro-ménager et le pneu. La satisfaction générale devant cet éclat cache difficilement une certaine gêne puisque c’est la profession elle-même qui lui a décerné le prix...

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Les pays africains ont raison de quitter la CPI
24 févr, 2017 Guehi Brence

Cette interview de Leslie Varenne est parue dans le journal ivoirien "Le Temps" le samedi 18 février. 

Après le passage de plusieurs témoins, comment jugez-vous aujourd’hui le procès de Gbagbo ?

Le procès Gbagbo est absurde, à ce titre il reflète bien le monde dans lequel nous vivons actuellement. Il n’a ni queue ni tête et n’est étayé par rien de concret, rien de solide. Aucune enquête sérieuse n’a été réalisée, ni autopsie, ni balistique, rien.  D’un point de vue strictement judiciaire, c’est tout simplement aberrant. 

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Alep, la douleur et la honte
08 févr, 2017 Leslie Varenne

Alep, capitale économique d’un pays en guerre. Alep, berceau de la civilisation, inscrite au patrimoine de l’humanité depuis 1986, se dispute avec Jéricho le titre de l'une des plus anciennes villes du monde. Alep, dès l’arrivée : des ruines. Pour s’y rendre depuis Beyrouth, il a fallu emprunter une route ouverte par l’armée contournant les zones toujours en conflit, traverser un désert peuplé de postes militaires et de villages abandonnés aux maisons éventrées, comme un avant-goût du spectacle de désolation à venir. Alep, sans eau ni électricité puisque les djihadistes ont coupé l’approvisionnement à partir de l’Euphrate et plastiqué la centrale électrique. Vingt-cinq jours après sa libération, le bruit des roquettes et des missiles s’est tu et la vie tente difficilement de reprendre le dessus. Désormais, pour des décennies et pour des générations d’Alépins, il y aura un avant et un après la guerre, un avant et un après juillet 2012. C’est à cette date que des groupes armés divers et variés [1] venus des quatre coins de la planète, ont envahi puis occupé les quartiers Est et Sud et assiégé la totalité de la ville. Avant, le gouvernorat de la région d’Alep comptait entre six et sept millions d’habitants et la ville environ trois millions, quatre ans et demi plus tard, entre les morts, les exilés et les déplacés internes, le nombre d’Alépins a été divisé par deux. Avant quinze zones industrielles employaient un million de salariés ; il y avait un hôpital réputé dans tout le Moyen-Orient ; un centre historique avec le plus grand et le plus ancien souk du monde, 4000 ans avant Jésus Christ, attenant à la mosquée des Omeyyades, monument classé appartenant au culte musulman et chrétien. De tout cela, il ne reste que des gravats… [2]

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« Panne de lumière au pays de Voltaire »
28 janv, 2017 Leslie Varenne

Le colloque intitulé « La Syrie en guerre », auquel l’IVERIS devait participer et organisé par l’Académie Géopolitique de Paris, le Collectif pour la Syrie et le magazine Afrique-Asie (1) qui devait se tenir le 28 janvier 2017 à la Sorbonne a été annulé par Barthelémy Jobert, Président de l’université Paris 4. Officiellement cette décision a été prise pour des raisons « sécuritaires et diplomatiques ». En réalité, les autorités françaises ont plié sous les pressions de groupuscules aussi insignifiants que vindicatifs tels qu’un mystérieux groupe nommé « Mémorial 98 » et le site « Souria Houria ». Pour dénoncer ce colloque et lancer une pétition afin de l’interdire, ces groupes n’ont fait preuve d’aucun argumentaire, ils n’ont pas débattu sur le fond mais se sont contentés de diffamer les intervenants : « extrême droite, fascistes, soutiens de Bachar Al-Assad »... 

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Le paradigme migratoire de l’UE, entre risques et opportunités
24 janv, 2017 Liubov Yaroshenko

« Aujourd’hui, le monde est face à la crise migratoire la plus grave depuis la deuxième guerre mondiale. Et l'Europe tente difficilement de gérer ce flux important de personnes cherchant l'asile dans nos frontières ». Discours de Dimitris Avramopoulos, Commissaire européen à la Migration et aux Affaires intérieures devant la Commission européenne le 14 août 2015. 
L' arrivée récente de migrants en Europe est actuellement au cœur de l'agenda de l'Union Européenne (UE). Ce sujet est devenu une question politique et publique sensible tant pour les décideurs de l'UE que pour les dirigeants des États membres. Les questions de sécurité et de souveraineté font irruption dans le débat et se confrontent à celles de l'intégration et de la protection des droits de l'homme.

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"Adieu Crimée" par Viktor Pinchuk
13 janv, 2017 Bruno Husquinet

Viktor Pinchuk n’est pas metteur en scène et son scénario n’est pas une fiction. Dans les colonnes du Wall Street Journal, le milliardaire ukrainien invite ses compatriotes à « oublier » temporairement la Crimée, mener des élections régionales au plus vite, rendre le contrôle du pays à Kiev et maintenir une équidistance économique et sécuritaire entre le bloc euro-atlantique et la Russie.Le flamboyant quinquagénaire a provoqué l’ire de la classe politique ukrainienne, mais le pavé dans la mare est lancé et ses idées se répandent … au profit de ses affaires aussi.

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CPI : Autopsie d'un naufrage judiciaire.
10 janv, 2017 Leslie Varenne

Partie II :

Retour sur la tuerie des femmes d'Abobo

 

Préambule

Lors de sa première note sur ce procès, l’IVERIS avait pris l’engagement de revenir sur une des quatre charges retenues contre Laurent Gbagbo et son co-accusé Charles Blé Goudé. Il s’agit de la marche des femmes dans le quartier d’Abobo à Abidjan, le 3 mars 2011, au cours de laquelle au moins sept femmes ont trouvé la mort. La tuerie des femmes d’Abobo est un événement crucial de l’histoire ivoirienne puisqu’il conduira au vote, le 30 mars 2011, de la résolution 1975 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. C’est sous le prétexte de cette résolution, qui autorisait la France et l’ONU à détruire les armes lourdes de l’armée ivoirienne afin de protéger les populations civiles, que ces forces ont mené une guerre en Côte d’Ivoire en violation de la charte des Nations Unies [1]. L’auteur de ces lignes a enquêté sur le sujet et a publié en février 2012 aux éditions Mille et une nuits un livre sur la crise post-électorale et la guerre de 2011, intitulé « Abobo-la-guerre, Côte d’Ivoire, terrain de jeu de la France et de l’ONU ». Après la publication de cet ouvrage, l’auteur a continué, lors de ses multiples voyages en Côte d’Ivoire, à enquêter sur cet événement. Mais, avant d’écrire à nouveau sur ce drame et rendre publiques de nouvelles informations, l’Institut souhaitait que le sujet soit traité devant la CPI. Compte tenu de la manière dont se déroule le procès, il ne paraît plus urgent d’attendre. Que soit remercié, ici, ceux qui ont aidé à la réalisation de ce rapport. Ils sauront se reconnaître.

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La Côte d'Ivoire sur un fil
07 janv, 2017 Leslie Varenne

Depuis hier, la Côte d’Ivoire est en proie à de fortes turbulences. Officiellement il s'agit d'une mutinerie de militaires mécontents de leurs conditions et revendiquant des primes et des augmentations de salaires. Ce soulèvement commencé au Nord du pays, s’est très vite étendu à l’Ouest et au Centre. Depuis ce samedi matin la révolte a atteint la capitale où des tirs ont été entendus dans plusieurs quartiers d’Abidjan, notamment dans le camp militaire d’Akouédo et dans celui du 3ème bataillon de gendarmerie d’Anyama.

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Arrêtez le massacre !
29 déc, 2016 Loïk Le Floch-Prigent

Poursuivre la désindustrialisation ou réindustrialiser ?

En cette fin d’année, tandis que le Président élu aux USA développe sa stratégie de réindustrialisation et que la nouvelle Premier Ministre Britannique déclare prioritaire le renouveau de l’industrie, la France, elle, parle des contrats de travail dans les « entreprises » et l’Europe se préoccupe de la « compétition » lors des rapprochements d’entreprises... Est-ce bien raisonnable ? Le temps risque d’être long d’ici le mois de mai, tandis que la presse continue à se réjouir des « recentrages » du retour au « cœur de métier » et la constitution de « trésors de guerre » après la vente de pépites. 

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La guerre et le déshonneur
24 déc, 2016 Patricia Lalonde

De fausses nouvelles en fausses surprises, depuis des semaines la libération d’Alep était attendue. Lorsque, il y a quelques jours seulement, Paris réunissait l’opposition à Bachar al-Assad, Alep était déjà libérée à 93%. Cette ultime tentative  du clan occidental avait pour objectif d’éviter une débâcle totale en essayant d’obtenir un cessez le feu et l’ouverture de corridors humanitaires. Mais c’était sans compter sur la résistance tenace des rebelles en tout genre de Jabat Al Nusra et consorts qui maintenaient en otage les 7% du territoire restant… 

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CPI : autopsie d'un naufrage judiciaire
22 déc, 2016 Leslie Varenne

Partie I

Plusieurs Etats africains ont annoncé leur retrait de la Cour Pénale Internationale (CPI), il s’agit de l’Afrique du Sud, du Burundi et de la Gambie. La Russie a également décidé de retirer sa signature du traité de Rome, qu’elle n’avait, par ailleurs, pas ratifié. L’hémorragie ne devrait pas s’arrêter là puisque d’autres pays, le Kenya, les Philippines, et l’Ouganda ont déjà fait part de leur intention de claquer la porte de cette Institution. La Namibie, quant à elle, a adopté une position originale, elle reste, mais à une condition : que les Etats-Unis en deviennent membre. Ces départs sont importants ; pour autant, ils ne sont pas responsables de l’état de mort cérébrale dans lequel se retrouve cette juridiction, ils ne sont que la conséquence de l’agonie de cette forme de justice internationale. Si la CPI n’a aucune chance de sortir de l’unité de soins palliatifs dans laquelle elle s’est elle-même installée, c’est avant tout parce que l’idéologie qui l’a portée sur les fonds baptismaux a trépassé. Cette Cour a été fondée pour porter les « nobles idéaux » de ses principaux bailleurs de fonds occidentaux : droits de l’homme, droit d’ingérence, protection des populations civiles avec la Responsabilité de Protéger (R2P). Ces « valeurs », répétées à l’infini et tordues dans tous les sens, se sont révélées être de simples instruments d’une politique internationale au service d’un monde unipolaire. Les conflits de 2011, en Libye et en Côte d’Ivoire, ont dévoilé l’imposture. Quels droits humains ont été préservés alors que les résolutions des Nations Unies n’ont pas été respectées et le droit international bafoué ? Quelles populations ont été protégées par la R2P, pour la première fois mise en œuvre lors de ces deux guerres menées par des coalitions occidentales [1] ? Sûrement pas celles de Duekoué en Côte d’Ivoire ou de Tawergha en Libye. Les secousses telluriques qui traversent le monde actuellement sont dues aux retours de boomerang des conflagrations de 2011. Si les Russes et les Chinois ont, dès octobre 2011, mis leur véto au Conseil de Sécurité au projet de résolution sur la Syrie, c’est parce qu’ils avaient retenu les leçons des conflits libyen et ivoirien. La Syrie a redistribué les cartes, les va-t-en-guerre américains et leurs alliés européens ne décident plus seuls, le monde devient multipolaire et entre de plain-pied dans le 21ème siècle, emportant avec lui l’étendard des « valeurs » occidentales du siècle dernier. La CPI aurait pu sortir de son coma et survivre à ces bouleversements si elle avait su dépasser son rôle d’instrument de « l’approche globale » [2], de gardienne du temple du droit du plus fort et qu’elle était devenue la Cour d’une véritable justice internationale impartiale et efficace. Il n’en est rien...

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Kinshasa : ce qui devait arriver arriva
20 déc, 2016 Leslie Varenne

19 décembre 23h59, cette date était écrite dans le marbre. Les dialogues, inclusifs ou non, tant vantés comme une issue politique au chaos qui se profilait se sont avérés être ce qu’ils étaient réellement : des écrans de fumée pour permettre à Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la date fatidique de la fin constitutionnelle de son mandat. Le peuple congolais a toujours exprimé son désir de respecter la constitution et d’appliquer à la lettre l’article de 64 de ce texte fondamental : « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution.»  Chacun était prévenu, les Congolais l’avaient chanté sur tous les tons de "Kabila dégage " à "Bye-bye Kabila ", après le 19 décembre « c’est fini et la situation va dégénérer. Il va nous tuer, mais nous sommes prêts. » 

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Donald contre Donald : du gaz dans la sécurité
16 déc, 2016 Bruno Husquinet

En Europe centrale, les espoirs nés des promesses de développement économique au sein de l’UE, souffrent du vent froid de la disette économique ambiante. En revanche, au niveau sécuritaire, la région allant de Tallin à Sofia se militarise à grande vitesse pour répondre à l’ « agression russe ». En outre, la crise liée à l’afflux de migrants et le repli nationaliste contribuent à cette militarisation. La fée Pétrole vient cependant de refaire son entrée avec l’annonce de Rex Tillerson, CEO d’Exxon, comme chef de la diplomatie américaine.

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Les points de blocage lancinants de l’Europe de la défense
14 déc, 2016 Hajnalka Vincze

Après avoir été, pendant 20 ans, le grand interdit des discussions sur l’Europe de la défense, le concept d’autonomie stratégique est soudainement devenu omniprésent. Il est le fil conducteur de la nouvelle Stratégie globale de l’UE, il apparaît de plus en plus fréquemment dans les conclusions du Conseil et dans les discours des dirigeants. Il était grand temps. Toutefois, pour juger si, au-delà des aspects déclaratoires, l’UE est en bonne voie ou non vers cette autonomie, il faut se concentrer sur les dossiers où, traditionnellement, il y a toujours eu un blocage politique. Car ces points de blocage ont été, à chaque fois, liés à la question de l’autonomie stratégique. Laquelle fut balayée, la plupart du temps, au nom de la soi-disant complémentarité avec l’Alliance atlantique.

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Les Britanniques commencent à se poser des questions sur leur relation spéciale avec l'Amérique
11 déc, 2016 Hajnalka Vincze

Illustration parfaite d’un alignement des planètes favorable, comme jamais jusqu’ici, à l’Europe de la défense [1], même les Britanniques commencent à s’inquiéter de leur dépendance. Dans une ambiance européenne générale où, sur le plan rhétorique au moins, les tabous de toujours sont levés l’un après l’autre (tels le concept d’autonomie stratégique, la défense collective, le noyau dur d’Etats membres, le quartier général permanent, ou l’implication de la Commission dans le secteur militaire), un tel début de prise de conscience outre-Manche ne serait pas totalement dénué d’intérêt.

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Gambie : l'illusion perdue
10 déc, 2016 Leslie Varenne

Faits suffisamment rares pour être rapportés, les dix premiers jours du mois de décembre ont été porteurs d’une succession de bonnes nouvelles africaines. Le 2 décembre, Yahya Jammeh, le Président gambien arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 1994, acceptait sa défaite à l’élection présidentielle et félicitait le vainqueur Adama Barrow. La surprise était de taille… Quelques jours plus tard, autre stupéfaction : Paul Kagamé, Président rwandais depuis 1994, annonçait qu’il ne serait pas candidat en 2017, alors qu’en 2015, il avait fait changer la constitution précisément pour pouvoir rester à la tête de l’Etat pendant de nombreuses années encore. Le festival continuait avec José Eduardo Dos Santos, Président de l’Angola depuis 1979, qui déclarait quitter sa fonction en 2017. Enfin, au Ghana, Nana Akufo-Addo remportait l'élection présidentielle face à l’actuel chef de l’Etat, John Dramani Mahama ; néanmoins cette dernière bonne nouvelle n’est pas surprenante puisque, depuis 1992, les Ghanéens pratiquent l’alternance démocratique. Puis, un coup de tonnerre est venu assombrir cette éclaircie dans le ciel africain, Yahya Jammeh, est revenu sur sa décision et a contesté les résultats de l’élection…

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La Commission change, timidement, de logiciel sur la défense
03 déc, 2016 Hajnalka Vincze

Avec son Plan d’action européen de la défense, la Commission de Bruxelles amorce un véritable changement de paradigme, à triple titre. La grande nouveauté, c’est la mise à disposition de financements communautaires pour soutenir la recherche et des programmes militaires. Qui plus est, sur deux autres sujets controversés, atlantisme vs. autonomie et ouverture sans limites vs. politique industrielle, elle opère des infléchissements dans un sens positif: vers (un peu) plus d’autonomie et (un peu) plus de politique. Mais elle refuse toujours obstinément d’aller au bout de sa logique.

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L'entêtement dangereux de la diplomatie française dans le conflit syrien
29 nov, 2016 Patricia Lalonde

L’appétit de la France à vouloir organiser des conférences internationales est connu, certaines, comme celle sur la Libye qui a eu lieu en septembre, se sont avérées être des fiascos diplomatiques absolus. L’annonce d’une nouvelle conférence en soutien à l’opposition syrienne modérée début décembre a fait l’effet d’une douche froide pour tous ceux qui connaissent la réalité du terrain et espèrent arriver le plus tôt possible à une solution politique. Cette solution politique, en conformité avec la résolution 2254 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, votée le 15 décembre 2015, doit préserver l’unité d’une Syrie laïque respectueuse de ses minorités qui seraient associées à un gouvernement d’union nationale et préparerait les prochaines élections présidentielles. Ces négociations sont sur le point d’aboutir, les événements s’accélèrent sur le terrain militaire et la prise d’Alep semble proche. Le gouvernement syrien aidé des Russes engrange des succès, ainsi le 28 novembre les djihadistes ont perdu le contrôle de 12 quartiers d’Alep Est.

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Swing moldave : un pas à l’Est
21 nov, 2016 Bruno Husquinet

La Moldavie vient d’élire un président misant plus sur Moscou que sur Bruxelles. Néanmoins, la situation économique, sécuritaire et géographique complexe de Chisinau l’empêche de basculer dans un camp ou dans l’autre. Le gagnant, Igor Dodon, est un homme politique de gauche bénéficiant du soutien de l’Eglise. Son programme de développement socio-économique est basé sur le constat que la Moldavie souffre d’une désindustrialisation, d’une stagnation de développement et d’un niveau de vie peu élevé. Il s’agit donc de relancer l’industrie, qui s’est écroulée durant les années 1990, et d’éviter un sur-endettement de l’Etat. Le PIB de la Moldavie dépend à 43% de ses exportations et selon le nouvel élu, les exportations vers l’UE n’ont pas sensiblement augmenté malgré l’accord de libre-échange mis en place en septembre 2014. En outre, ce rapprochement avec l’UE a desservi les exportations vers la Russie, qui a imposé des sanctions et des limitations sur les produits moldaves. Igor Dodon propose donc d’intégrer l’Union économique eurasienne tout en conservant des accords avec l’UE, à l’instar du Kazakhstan.

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Les larmes de l'honneur, Jacques Hogard
16 nov, 2016 Leslie Varenne

Hasard du calendrier, « Les larmes de l’honneur » du colonel Jacques Hogard, qui commandait l’un des trois groupements de l’opération Turquoise au Rwanda du 22 juin au 22 août 1994, sort au moment où l’enquête sur l’attentat contre l’avion de l’ancien Président Habyarimana est relancée en France. Mais l’ouvrage paraît aussi dans une séquence, extrêmement forte de la vie politique internationale, où l’Afrique enterre l’ère Clinton. Car, il ne faut pas s’y tromper, si des activistes de l’opposition congolaise au parti de Laurent Gbagbo, le FPI, en passant par le parti d’extrême gauche malien, Sadi, tous félicitent Donald Trump pour sa victoire, ce n’est pas pour se réjouir de la future politique africaine du nouveau Président US, il ne s’est pas exprimé sur le sujet pendant sa campagne. Ils saluent avant tout la chute de la maison Clinton et la promesse d’une redistribution des cartes. Ils célèbrent ce qu’ils espèrent être la fin de cette « diplomatie de la démocratie » avec son corolaire le droit d’ingérence et, plus tard, sa version sophistiquée : la responsabilité de protéger qui permit de mettre en place et de tenir à bout de bras des présidents comme Paul Kagamé ou Kabila père et fils. De Bill et le revers cinglant de l’opération "Restore Hope" en Somalie en 1993 à Hillary et les opérations de 2011 : "Restaurer  la paix et la démocratie en Côte d’Ivoire" [1] ; "Protecteur Unifié" en Libye, les années Clinton ont été des années sombres pour toute l’Afrique. Le livre de Jacques Hogard tombe donc à point nommé car l’ouvrage revient sur une page de l’histoire la plus dramatique du continent qui illustre parfaitement l’implication des Clinton en Afrique. Une page qui n’est, d’ailleurs pas complètement tournée puisque les conséquences des événements de 1994 continuent, chaque jour, d’endeuiller la République Démocratique du Congo.

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Election présidentielle américaine : qui est Huma Abedin ?
04 nov, 2016 Patricia Lalonde

Le 28 octobre dernier, soit quelques jours avant le scrutin présidentiel du 8 novembre 2016, James Comey, le directeur du FBI annonçait la réouverture de l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton. Au détour d’une investigation sur Anthony Weiner, pris dans une affaire de pédophilie, les policiers du FBI sont tombés sur 650 000 emails de la candidate démocrate. Anthony Weiner est l’ex-mari, d’Huma Abedin, plus proche collaboratrice et confidente d’Hillary Clinton. Si ces emails révélaient une gigantesque affaire d’espionnage qui pourrait menacer la sécurité des Etats-Unis, cela pourrait coûter son élection à Hillary Clinton. Mais qui est Huma Mahmood Abedin ? Et pourquoi s’est-elle servie de l’ordinateur de son mari pour abriter une correspondance entre Hillary Clinton, alors Secrétaire d’Etat, et elle-même ? C’est ce que les enquêteurs essayent de comprendre.

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La Côte d'Ivoire n'a pas voté
02 nov, 2016 Leslie Varenne

Dimanche 30 octobre 2016, les Ivoiriens étaient appelés à s’exprimer lors d’un référendum pour accepter ou refuser la nouvelle constitution proposée par le Président Alassane Ouattara. Ce dernier s’inscrivant ainsi dans la tendance actuelle, suivie par les chefs d’Etat d’Afrique francophone, qui consiste à modifier les lois fondamentales de leur pays respectif à des fins de convenance personnelle. Les changements proposés : création d’un Sénat et d’un poste de vice-président, abrogation de la limite d’âge pour se porter candidat à l’élection présidentielle, nationalité du Président, ne font pas partie des préoccupations majeures d’une population confrontée à une misère galopante, un chômage massif et au manque d’accès aux besoins primaires. En revanche, un article de cette nouvelle constitution concernant la propriété foncière est possiblement porteur de troubles, le problème de l’appartenance des terres n’ayant jamais été réglé dans ce pays. Toute l’opposition s’est alliée au sein d’un « Front du refus » qui a appelé au boycott des urnes et leur mot d’ordre a été suivi bien au-delà de leur camp, elle a annoncé une participation oscillant entre 3 et 5%. De son côté, la Commission Nationale Indépendante a rendu son verdict : 93,42% de oui et 42,42 % de votants. La Côte d’Ivoire joue toujours avec la vérité des chiffres, comme l’a prouvé la dernière élection présidentielle. Néanmoins, ce chiffre officiel de participation doit être interprété pour ce qu’il est : une défaite pour le Président Ouattara qui, devant le taux réel d’abstention, n’a pas été en mesure de porter ce chiffre au-delà d’un honorable 60%, les contorsions arithmétiques ayant parfois des limites. La campagne électorale délétère avait donné un avant-goût de ces résultats. D’une durée d’une vingtaine de jours seulement, elle n’a pas été l’occasion d’un grand débat national. Elle a, en outre, été émaillée d’incidents, les opposants au texte ont été victimes d’une répression musclée dénoncée par Amnesty International. C’est dans ce contexte que Manuel Valls a choisi d’effectuer une visite officielle en Côte d’Ivoire, le jour même du référendum, laissant ainsi penser que la France apportait son soutien au Président Alassane Ouattara et à ce changement de constitution très contesté. 

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Mer Noire, or bleu
30 oct, 2016 Bruno Husquinet

A l’occasion de la journée internationale de la mer Noire célébrée le 31 octobre, voici un point sur les enjeux stratégiques de la région et l’état des relations d’amicale inimitié qu’entretiennent les pays partageant cet espace maritime. Sécurité, pétrole et intérêts divergents troublent les eaux de l’un des nexus éco-stratégiques les plus complexes.

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Prisons et radicalisations
12 oct, 2016 Pr Abderrahmane Mekkaoui

Tous les chefs takfiristes et djihadistes qui déclarent la guerre à l’humanité ont un trait commun : leur radicalisation et leur détermination à se venger se sont forgées dans les prisons. C’est dans les geôles d’Amman qu’Abou Moussab Al-Zarkaoui a fait ses premières armes. C’est de la sinistre prison de Bucca, à Bassora en Irak, qu’Al-Baghdadi devait émerger en compagnie d’Abou Mohamed Al-Adnani, récemment éliminé… Et encore, Abou Mohamed Al Joulani, embastillé dans une cellule de Palmyre, Abdelmalek Droudkal, dans celle de Barbarousse en Algérie, le chef d’Aqmi, Mokhtar Belmokhtar à Ghardaya et celui de Boko Haram, Aboubacar Shekau, dans celle de Borno au Nigéria…

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« House of - Ukrainian - Cards »
07 oct, 2016 Bruno Husquinet

Près de trois ans après le début des tensions ayant amené un changement de régime en Ukraine, quelques événements clefs de ces dernières semaines nous donnent le pouls de la situation à Kiev, en Crimée et à l’Est du pays. Tout d’abord, dans le cadre de la réunion de l’assemblée générale de l’ONU, la visite du président Porochenko aux Etats-Unis a été fructueuse. D’une part, il est revenu avec les promesses de prêts du FMI et des Etats-Unis, mais aussi avec un potentiel renforcement de l’aide militaire grâce à l’Acte de Stabilité et de Démocratie pour l’Ukraine, passé par le congrès au moment de la visite présidentielle. D’autre part, le Président ukrainien a consolidé le soutien du concert des nations, hormis les non-alignés, bien entendu.

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Afrique centrale, l'impossible alternance
03 oct, 2016 Leslie Varenne

Dans les neuf pays que compte l’Afrique centrale, six élections présidentielles ont été organisées entre mars et août 2016. Seul le vote en République Centrafricaine s’est déroulé dans des conditions acceptables. Même Sao Tomé et Principe, pourtant montré comme un exemple de démocratie, a connu un scrutin agité avec des accusations de fraude. Au Tchad, au Gabon, au Congo Brazzaville, en Guinée équatoriale les pouvoirs en place depuis des décennies ont été reconduits lors de consultations critiquées. La septième élection de l’année, qui devait se dérouler en République Démocratique du Congo en novembre 2016, n’aura pas lieu. C’est pourtant la première fois que les Congolais auraient eu la possibilité de faire entendre leur voix dans les urnes depuis l’indépendance en 1960. Les citoyens de ces pays n’ont jamais autant aspiré à une véritable démocratie qui mettrait fin à un système de gouvernance gangréné par la corruption et le népotisme et par conséquent à leur misère. Les taux élevés de participation aux divers scrutins attestent de cette envie d’alternance. La volonté populaire d’en finir coûte que coûte avec ces Présidences autocratiques expliquent l’intensité des crises pré ou post électorales. Une nouvelle fois, des deux Congo, Brazzaville et Kinshasa, nous parviennent des images de cadavres gisant dans le sang. Insoutenable. Une nouvelle fois, une fois de trop…

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Joe Biden met Bruxelles et Kiev dos à dos
26 sept, 2016 Bruno Husquinet

La conférence de Joe Biden sur « le futur de la politique étrangère américaine » est passée totalement inaperçue, pourtant le vice-président des Etats-Unis s’est livré à un exercice de franchise déconcertant. Il a exposé l’état des lieux de sa doctrine et sa vision concernant le dossier ukrainien. Devant le public du Council on Foreign Relations, Joe Biden a révélé que les Etats-Unis avaient forcé l’Europe à adopter des sanctions contre la Russie. En des termes simples, il a résumé la position européenne lors des événements de 2014 : « avant que vous [américains] ne deveniez Président [en Ukraine], le pays était dirigé par les Russes, de toute façon. Ils avaient un Président-marionnette là-bas. Quelle différence cela fait-il pour nous ? Pourquoi nous forcer à prendre des sanctions ? »

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Vive l'empereur !
24 sept, 2016 Pr Françoise Thibaut

Événement considérable au Japon : la famille impériale se montre, s'affiche, bavarde, rit, et sourit aux caméras... Le temps où le Nippon ordinaire devait se retourner et se voiler la face lorsque la voiture du Mikado, dieu vivant intouchable et irregardable, passait dans sa rue, est vraiment révolu.
Le Japon change dans son approche du pouvoir, son rôle international, l'image qu'il entend donner au monde, tout en restant résolument traditionnel, implanté dans sa légende millénaire, ses mystères dynastiques et son incurable sens du sacré.

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L'extrêmisme violent, d'hier et d'aujourd'hui, en Russie
21 sept, 2016 Bruno Husquinet

 

Le 3 septembre de chaque année, la Russie commémore les victimes des attaques terroristes lors de « la journée de solidarité dans la lutte contre le terrorisme ». La date est symbolique puisqu’elle renvoie à la tragique prise d’otages de 2004 dans l’école de Beslan qui s’est terminée par le décès de 334 personnes. L’histoire récente russe, marquée comme tant d’autres pays par une violence radicale, rappelle la période de terreur du 19ème siècle. Cependant, les enjeux divergent sur le plan idéologique. Hier il s’agissait de mettre fin à l’absolutisme tsariste ; aujourd’hui, les appels à la violence contre le Kremlin sont lancés au nom de la domination du califat islamique.



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Afrique Centrale : la poudrière
19 sept, 2016 Leslie Varenne

Partie III

L'avenir de la République Démocratique du Congo : une question de souveraineté

A partir de ce jour, la République Démocratique du Congo entre dans une zone de turbulence, la violence et l’intensité des événements est à la mesure des attentes et des espoirs déçus. La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) devait annoncer le 19 septembre 2016, le chronogramme de la prochaine élection présidentielle, elle ne l’a pas fait, officialisant ainsi à la fois le report du grand jour à une date ultérieure et le non-respect des délais légaux inscrits dans la Constitution. C’est à la lumière de l’histoire de ce pays, ravagé par la misère, qu’il faut mesurer la charge symbolique, l'espérance que représente, pour les Congolais, cette élection présidentielle qui aurait dû se tenir le 27 novembre 2016.

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Libye : Londres accuse Paris
16 sept, 2016 Bruno Husquinet

La Commission des Affaires Etrangères de la Chambre des communes vient de publier un rapport sur l’intervention britannique en Libye. En termes clairs, les parlementaires affirment que la politique britannique envisageait la protection des civils, mais s’est transformée en politique de changement de régime par la force.

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L'esprit du Japon
14 sept, 2016 Pr Françoise Thibaut

Le Japon n'est pas la Terre. Le Japon est une autre planète, celle des nombreux enfants des kamis Izanami et Izanagi, tellement turbulents que leurs mœurs instables créent l'agitation  des océans, des îles et du temps. Ce permanent remue-ménage de la nature donne l'inégalable sentiment de l'impermanence, de l'instabilité de toute chose, à commencer par la vie, liée à la recherche de l'harmonie, la beauté de l'instant, le goût pour ce qui est fragile et passager. Etre japonais c'est porter le monde à l'intérieur de soi sans rien attendre de la matérialité, ou du moins, très peu, juste ce qu'il faut pour exister.

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Pourquoi l'Amérique comprend mal le monde, de Paul R. Pillar
11 sept, 2016 Hajnalka Vincze

A l’approche de la présidentielle US, il n’est sans doute pas inutile de méditer sur l’exceptionnelle continuité de la politique étrangère américaine, que ce soit entre George W. Bush et Barack Obama ou entre William (Bill) Clinton et Ronald Reagan. Certes, la première marque de la politique étrangère d’une grande puissance est toujours ses invariables, quels que soient les hommes et les circonstances. Cela étant dit, l’Amérique est un cas à part. Elle se caractérise à la fois par une vision déformée de son rapport avec le « reste du monde » et par une incapacité flagrante à corriger cette déformation initiale, qui découlent, toutes les deux, directement de sa géographie et de son histoire.

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Sanctions économiques contre la Russie, l'arme de l'alliance transatlantique
08 sept, 2016 Bruno Husquinet

Résumé du rapport :

Depuis le printemps 2014, plusieurs vagues de sanctions ont été prises à l’encontre de la Russie, essentiellement par les Etats-Unis et l’Union Européenne. Pour la première fois de l’histoire, l’alliance transatlantique a élaboré en commun ces mesures restrictives, divisées en trois catégories : 

1 - sanctions politiques : visant à l’isolation de la Russie de différents forums internationaux et de systèmes de coopérations, notamment avec le G8 ou l’OTAN.

2 - sanctions individuelles : gel des avoirs et restriction de déplacement sur 200 entités environ. Elles ont été reconduites le 7 septembre 2016 par l’UE

3 - sanctions économiques : mises en  place  le 1er août 2014, suite au crash de la Malaysia Airlines, elles ont été renforcées le 12 septembre de la même année, suite à l’échec du Protocole de Minsk I. Ces sanctions économiques touchent trois secteurs stratégiques : tout d'abord la limitation d’accès aux marchés de capitaux qui empêche la Russie de financer d’importants projets, essentiellement dans le secteur énergétique. Ensuite, elles visent à réduire l’exportation de technologies dans le secteur de l’extraction énergétique ainsi que de bloquer le commerce de l'armement.

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Mystères du Pacifique
07 sept, 2016 Pr Françoise Thibaut

L'Europe, a fortiori la France, semblent bien peu se préoccuper de ce qui se passe à l'autre bout du monde. En effet la Zone Pacifique apparaît peu dans son actualité. Toutefois, malgré cet a priori,  investisseurs, financiers et entrepreneurs, eux, s'en préoccupent. Sans doute là bas, de l'autre coté du monde, se joue une grande partie de l'avenir de l'Europe.
Pascal LAMY [1], intervenant en avril 2016 lors d'une séance de travail à L'Institut de France, prophétise « nous assistons à la fin programmée de l'époque westphalienne  des Etats souverains, pour une globalisation de nombreux domaines » soulignant que la globalisation « se rapproche », avec ses bienfaits, ses excès et sa « dé-occidentalisation » du monde, dont la diversité donne le tournis.
L'Océan Pacifique, découvert, sillonné, exploré fort tardivement dans l'histoire occidentale, est devenu « une nouvelle Méditerranée » en raison des progrès des transports et des communications depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale et surtout depuis les relations « immatérielles », prodigieuses accélératrices d'échanges en tous genres. En témoigne le Trans-Pacific Partnership (T.P.P.) conclu à Auckland en février 2016, au terme de négociations trentenaires. Ce traité est à la fois l'aboutissement et l'ébauche d'un projet de refondation du monde.

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Ne pas céder à la terreur de Daech
04 sept, 2016 Pr Abderrahmane Mekkaoui

Croyant ou athée, il est très difficile de comprendre les tenants et les aboutissants de cette guerre asymétrique entre l'organisation de l’Etat Islamique (EI) et la coalition internationale constituée de soixante nations dont la France. Dans sa propagande diffusée avec intelligence sur les réseaux sociaux, Daech joue la victime de l’Occident et de ses alliés de Tanger à Djakarta. Selon Aamaq, leur agence de presse, Dar Al-Islam est attaquée et fait l'objet d'une agression internationale menée par les infidèles, nommés Kouffars, qui massacrent les croyants et détruisent flore et faune. D'après leur autre porte-voix, le journal Dabiq, « l'Occident mécréant » et ses alliés veulent maintenir la Oumma (la communauté) dans l'ignorance, la pauvreté et la division. Ce discours victimaire, nourri par un langage religieux décontextualisé, dont les termes sont bien choisis dans le Coran, est un message dans le message. Son contenu décrypté prône le Djihad offensif, c’est-à-dire la guerre générale et éternelle, incitant chaque musulman, là où il se trouve, à apporter son aide et son soutien en utilisant tous les moyens dont il dispose. Daech s'oppose au djihad spirituel pacifique sans ne jamais mentionner pourquoi les « infidèles » ont déclaré la guerre à cette organisation terroriste et omet délibérément de préciser que cette guerre qui lui est déclarée a pour but premier la protection des populations civiles décimées par lui-même, et comme second objectif la défense des alliés de la région menacés par le chaos et la désarticulation.

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La France et la faillite de l'Etat stratège
04 sept, 2016 Loïk Le Floch-Prigent

Dès son intronisation, Theresa May, la nouvelle Première ministre britannique, a considéré que son pays devait renouer avec la production industrielle et disposer d’une stratégie en la matière. En France, on cherche en vain l’Etat stratège. Dans les discours officiels ou dans ceux des postulants à la magistrature suprême ne pointent ni vision, ni ambition, ni volonté d’accroitre la performance des entreprises nationales. Tout le monde semble bien plus à l’aise sur les sujets « identitaires » qui donnent lieu à surenchères, diversions et anathèmes, et je ne veux pas déranger cette unanimité à traiter un problème complexe aux solutions forcément difficiles. Mais, comme pour toutes les réformes à entreprendre en France, il est nécessaire de s’entendre sur un diagnostic. 

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La géopolitique du wahhabisme
06 juil, 2016 Pr Abderrahmane Mekkaoui

Le wahhabisme est apparu dans la première moitié du XVIIIème siècle dans l'oasis d'Al-Dariya, situé à 60 kilomètres de Riyad, capitale du royaume d'Arabie Saoudite. Cette doctrine est née du pacte conclu entre Mohammed Ben Ibn Abdel Wahhab, théologien, disciple d'Ibn Taymiyya, homme religieux kurde du XIIIème siècle, qui prônait la diffusion de la pensée hanbalite et Mohamed Ibn Saoud Al-Mouqrin émir de la tribu des Banous Hanifa en 1744. Le hanbalisme est l’une des quatre écoles de pensée religieuse formant le droit en islam sunnite recommandant de suivre l’origine divine du droit et interdisant toute forme d'innovation et toute interprétation des textes sacrés.
Cette fusion entre le sabre et la doctrine trouvera des soutiens extérieurs, notamment celui des Anglais et plus tard des Français. Les intérêts des deux puissances européennes dans la pénétration de la région sont multiples : le déclin de l'Empire ottoman, baptisé « l'homme malade », l'amélioration de leurs réseaux commerciaux et leur volonté d’endiguer les Russes qui visaient l'accès aux mers chaudes. Dans le même temps, les Al–Saoud lançaient une offensive éclair pour conquérir la totalité du Nejd, partie nord-est de la péninsule arabique. Mais, ils furent défaits à deux reprises par le gouverneur d'Egypte sous l’Empire ottoman, Mohamed Ali Pacha.

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Les grandes manoeuvres économiques
06 juil, 2016 Bruno Husquinet

Sanctions contre la Russie (3/3)

Plus de deux ans après, il existe deux lectures radicalement différentes sur l’histoire des événements en Ukraine.
Pour Moscou, la révolution ukrainienne est un coup d’Etat organisé par l’extérieur, dans la tradition des révolutions de couleurs puis des révolutions arabes. Le Kremlin dénonce cet interventionnisme visant à renverser illégalement des régimes et craint la contamination à l’intérieur de ses frontières. En Ukraine, il n’a pas hésité à intervenir pour défendre ses intérêts stratégiques en mer Noire. Il a donc tout fait pour y maintenir sa flotte, son accès aux mers chaudes et sa place au milieu de ce carrefour énergétique. L’inauguration d’un monument dédié aux « petits hommes verts », ces soldats russes sans insigne qui ont contribué aux changements politiques en Crimée, est la reconnaissance officielle de l’implication russe.
Pour Bruxelles et Washington, la Russie est devenue un Etat dont il faut se méfier depuis le retour de Vladimir Poutine à la présidence en 2012. Les deux capitales nourrissent des doutes profonds sur la nature démocratique de ce pays et sur la modernisation de son armée, surtout depuis le conflit de 2008 en Ossétie du Sud. L’axe transatlantique voit dans ses agissements une manœuvre géopolitique fusionnant les ambitions de la Russie impériale et soviétique. Il s’agirait donc de manipulations exercées par Moscou afin de déstabiliser certaines régions dans son voisinage proche et y imposer l'influence du « monde russe » tout en bloquant l’expansion de l’Otan. Ces accusations, sous forme de procès d’intention, ont jeté un froid sur les relations Est-Ouest. A ce jour, il y a peu d’éléments concrets qui étayent ces discours antagonistes, comme en témoigne l’imbroglio autour de la qualification juridique de la situation. Ignorant le principe fondamental selon lequel le fardeau de la preuve incombe à celui qui affirme (Affirmanti incumbit probatio), des sanctions ont été prises et ont enclenché une chaîne de réactions, engendrant un schisme en Europe. 

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Brexit : un coup de poignard dans le dos des Etats-Unis
02 juil, 2016 Hajnalka Vincze

Au lendemain du référendum britannique, le vice-président américain, Joe Biden s’est exprimé en disant : « Nous aurions préféré un résultat différent ».[1] Quelques jours après, le Secrétaire d’Etat Kerry estime qu’il n’est toujours pas impossible de revenir en arrière.[2] En effet, au cours des six dernières décennies, l’Amérique avait fait des pieds et des mains pour obtenir, puis perpétuer la présence de son allié préféré au sein de la construction européenne. La raison en est simple. Comme l’explique l’ambassade US à Londres, « l’Union européenne est l’organisation la plus importante du monde dans laquelle l’Amérique n’a pas de place à la table ». Pour y faire entendre sa voix, il a donc besoin d’un cheval de Troie ou, en termes diplomatiques, « l’expression dans l’UE de l’approche commune américano-britannique grâce au statut de membre du Royaume-Uni ».[3] Sauf que les électeurs britanniques viennent d’opter pour la sortie…

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Coup de grisou dans le Donbass
01 juil, 2016 Bruno Husquinet

Sanctions contre la Russie (2/3)

La première vague de sanctions économiques prise par les Etats-Unis et l’Union Européenne (UE) à l’encontre de la Russie reposent sur une lecture d’une agression russe en Crimée et d’une annexion illégale. Une deuxième série de mesures restrictives a été prise par le tandem USA-UE suite aux événements dans le Donbass. Ces nouvelles sanctions économiques, envisagées dès mars 2014 et mises en place à partir du mois d’août de la même année, sont officiellement justifiées par les « actions de la Russie déstabilisant la situation dans l’Est de l’Ukraine ». Du côté européen, ces mesures, initiées par le Comité des représentants permanents de l’Union Européenne[I], touchent trois secteurs : financier avec la limitation à l’accès aux marchés des capitaux [II]; militaire avec la mise en place d’un embargo sur le matériel; énergétique, avec notamment l’interdiction d’exporter matériel et technologie pour exploiter le gaz de schiste bitumeux et les eaux profondes de l’Arctique. Les enjeux énergétiques ont une place prépondérante dans cette crise. La levée de ces mesures qui nuisent à l’économie russe, mais également à l’économie européenne puisque le Kremlin a mis en place des contre-sanctions, est conditionnée au respect des accords de Minsk. Ces accords, en 13 points, reprennent les mesures destinées à réduire les violences : retrait de l’artillerie lourde, cessez-le-feu, rétablissement de l’unité du pays, en déterminant le statut du Donbass au sein de l’Ukraine et en rendant à Kiev le contrôle des frontières avec la Russie une zone actuellement aux mains des rebelles.

Un jugement prononcé par un tribunal de Kiev le 12 mai 2016 a fait chanceler les fondements de ces sanctions. En effet, la décision, très peu médiatisée, précise : « le tribunal n’a pas pu établir l’existence d’une agression armée russe, faute de preuves suffisantes »

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Crimée et châtiment
14 juin, 2016 Bruno Husquinet

Sanctions contre la Russie (1/3)

Voici quelques clefs de réflexion sur la  "guerre économique " en cours et ses origines. Cette première partie concerne la Crimée, la seconde étudiera la question du Donbass et la troisième analysera les sanctions elles-mêmes.

Après deux années, les raisons qui ont amené nombre d’Etats à prendre des sanctions à l’encontre de la Russie se dissolvent dans la complexité de la situation ukrainienne actuelle. Suite à la déclaration d’indépendance de la Crimée et au référendum pour son rattachement à la Russie en mars 2014, les Etats-Unis et l’Union Européenne lancent une première vague de sanctions qui reposent sur une lecture d’une agression russe en Crimée et d’une annexion illégale. Très rapidement, d’autres pays les rejoignent et progressivement, ces sanctions s’étendent pour se confondre avec celles liées aux événements du Donbass. Aujourd’hui, curieusement la levée de ce paquet global de sanctions est conditionnée par la mise en œuvre des Accords de Minsk, accords qui pourtant ne concernent pas la Crimée (I).
De son côté, la Russie lance des contre-sanctions, comme mesures de contre-attaque. 

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Kinshasa : african chaos
08 juin, 2016 Leslie Varenne

En RDC, les crises s’empilent les unes sur les autres, politiques et sécuritaires d’abord mais aussi économiques, sociales et sanitaires. Kinshasa est à l’image de ce chaos, de ce sens dessus dessous ; des charrettes à bras, où s’empilent des tonnes de ferrailles tirées/poussées par des hommes maigres et en sueur, sont doublées par de puissants 4/4 à 100 000 dollars ; des immeubles luxueux ont vue sur des habitats si précaires qu’ils ne peuvent même plus être nommés bidonvilles. La capitale congolaise plonge celui qui la regarde dans un état de confusion : sentir, comprendre, chercher les mots…  Il semble que nombre de Kinois aient acquis une sorte d’immunité face à la misère et aux inégalités criantes au point d’en perdre le sens de la mesure et de la décence. La confusion est plus grande encore lorsque le Premier ministre Matata Ponyo vante les réussites de son gouvernement : éducation, santé, secteur des routes, sans oublier évidemment le fameux taux de croissance à 6,5 %... Quant à la situation sécuritaire dans l’Est du pays, au Nord et Sud-Kivu, le Premier ministre affirme sans rougir « la paix et la sécurité deviennent de plus en plus une réalité dans ces deux provinces. » De quel pays parle-t-il ?

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Afrique centrale : la poudrière
04 mai, 2016 Leslie Varenne

Partie II Tchad : une élection au bout du canon...

L’incendie n’est pas éteint au Congo Brazzaville, la République Démocratique du Congo connait ses premiers soubresauts pré-électoraux et le Tchad s’enfonce dans une crise postélectorale… La Présidentielle qui a eu lieu le 10 avril dernier était jouée d’avance, Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 1990, a été réélu sans surprise dès le premier tour. Si le scrutin s’était déroulé de manière transparente et démocratique conformément à la charte de l’Union Africaine dont il est le Président en exercice depuis janvier 2016, le Président sortant n’aurait pas réussi le fameux « coup K.O », tant le mécontentement social est fort. Il doit sa victoire à la position géographique du Tchad - ce pays est un état tampon entre l’Afrique centrale, l’Afrique de l’Ouest, de l’Est et du Nord - et à son armée qui combat AQMI et Boko Haram. Principale partenaire de la France et des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme, l’armée tchadienne est la seule au Sud du Sahara à être organisée et efficace, même si elle méconnaît dramatiquement le droit international humanitaire et les règles sur la conduite des hostilités. Persuadé d’être un allié incontournable des Français comme des Américains, donc de bénéficier d’une totale impunité, Idriss Déby Itno tente de juguler toutes révoltes postélectorales par une sévère répression.

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Une saine colère
01 mai, 2016 Loïk Le Floch-Prigent

La géopolitique intéresse-t-elle encore les hommes politiques ? Nous aimerions que la France, comme par le passé, continue à peser sur l’évolution du monde, aide  à comprendre les grands enjeux et favorise les transformations nécessaires des pays avec lesquels nous sommes liés par l’histoire et l’économie. Pour cela il faudrait observer les réalités sans être dans le déni. Deux éléments me frappent lorsque je lis les commentaires de ceux qui nous gouvernent ou aspirent à le faire, c’est à la fois l’absence d’observation et l’absence de réflexion. Par exemple : parler à tort et à travers des « valeurs de la République » et paraitre ignorer que la démocratie ne peut commencer que lorsque l’alternance est possible devrait nous alerter. Il n’en est rien !  

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Triste Syrte
27 avril, 2016 Bruno Husquinet

La bataille de Syrte a eu lieu début octobre 2011 et c’est dans cette ville que Muammar Khadafi a été assassiné le 20 octobre 2011. L’Otan avait déployé des moyens colossaux et les milliers de frappes aériennes ont eu raison du régime en quelques mois à peine. Au front, il y avait certes toute une génération enthousiaste pour la révolution libyenne, mais à leurs côtés œuvraient des combattants islamistes qui avaient leurs propres objectifs. Leur alliance de fait avec les révolutionnaires et la communauté internationale n’était qu’opportuniste et temporaire, ils ont ensuite profité du vide et du chaos pour s’imposer. En 2012, la Libye incarnait un système à haute entropie. La criminalité florissait et les conflits tribaux se multipliaient. Dès lors, les combattants islamistes saisirent l’occasion pour gagner du terrain politique.

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Les massacres du Pool et la politique des trois singes
18 avril, 2016 Leslie Varenne

Editorial

Le 19 mars dernier, à la veille de l’élection présidentielle au Congo Brazzaville, l’IVERIS concluait l’article « Une élection à huis-clos » ainsi : « Les Congolais seront donc seuls face à ce moment crucial de leur histoire. Si la terre tremble, il n’y aura pas de témoins. » Le « SI » est devenu réalité. Depuis le 4 avril dernier, dans le département du Pool, la terre tremble. Les villages sont bombardés, mitraillés, pillés par un curieux aréopage composé de milices pro-gouvernementales, de militaires de l’armée congolaise, de policiers et de supplétifs recrutés dans la population. Aucun journaliste, aucune ONG, hormis les cinq volontaires de Caritas choisis par le pouvoir pour entrer dans cette zone de 34 000 km2 et de 234 000 habitants, ne sont autorisés à pénétrer dans ce département. Le pays est en état de siège et les Congolais restent désespérément seuls avec leurs centaines de morts, leurs blessés et leurs milliers de déplacés.

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Le "niet" néerlandais : un nouveau coup dur pour l'Ukraine...
09 avril, 2016 Bruno Husquinet

Le 6 avril, un référendum embarrassant sur l’accord d’association Europe-Ukraine a été organisé aux Pays-Bas, occupant actuellement la présidence tournante du Conseil européen. En vigueur depuis janvier 2016, cet accord politique et de libre-échange, refusé par l’ancien président ukrainien Viktor Yanukovich, est à l’origine des manifestations sur la place Maidan et de l’histoire tragique de l’Ukraine des deux dernières années. Après avoir bouté dehors Viktor Yanukovich, les nouvelles autorités de Kiev ont signé l’accord avec Bruxelles. Nonobstant cet état de fait, plus de 400 000 signataires néerlandais ont lancé une double campagne. D’une part, ils ont montré que le peuple d’un pays européen se réservait le droit de s’exprimer sur des questions internationales sans se soumettre à Bruxelles; d’autre part, ils ont manifesté leur opinion négative sur un accord avec un pays où malgré tout, la guerre continue et dont la corruption entache sa réputation de partenaire commercial.

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Congo Brazzaville ou l'histoire d'une tragédie annoncée
04 avril, 2016 Leslie Varenne

Se rendre en République du Congo en mars 2016, c’est comme aller en Côte d’Ivoire en novembre 2010. Nul besoin d’avoir été assise sur les bancs de Saint-Cyr ou de lire l’avenir dans le marc de café pour savoir que cette élection présidentielle se déroulera mal. Tous les ingrédients sont réunis pour une déflagration. Denis Sassou Nguesso ne peut pas remporter la victoire, il est honni en son pays et contrairement aux précédents scrutins de 2002 et 2009, où il n’y avait pas d’opposition crédible, cette fois des candidats de poids se sont organisés et l'affrontent. Chacun sait que ce chef d’Etat, ce chef de clan, au pouvoir depuis 32 ans, ne sortira pas par la grande porte de la démocratie. Il ne s’inclinera pas devant la défaite. Une vieille dame prédit : « s’il passe au premier tour, il y aura la guerre. »  Nuitamment, le Chef s’est autoproclamé gagnant au premier tour, le fameux coup KO, avec plus de 60% des suffrages… 

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Afrique centrale : la poudrière
19 mars, 2016 Leslie Varenne

Partie I
Congo Brazzaville : une élection à huis clos

Alors que la campagne pour l’élection présidentielle qui aura lieu le dimanche 20 mars 2016 se déroule dans un climat électrique et s’annonce à hauts risques, aucune institution internationale n’a jugé utile d’envoyer des d’observateurs. Ni l’Union européenne, ni l’Organisation internationale de la Francophonie, ni les Nations Unies ne veilleront au bon déroulement et à la transparence de ce scrutin. Pourtant, le bilan de la dernière consultation électorale en République du Congo, le 25 octobre dernier, a été lourd : 46 morts, 69 blessés et 4 disparus… L’Union africaine dépêche une mission mais elle ne sera composée que de 35 personnes chargées de surveiller 5400 bureaux de votes. Les Congolais seront donc seuls. D’un côté, le Président Denis Sassou Nguesso, qui bat campagne avec tous les moyens de l’Etat, argent, presse, télévision, forces de l’ordre. De l’autre, l’opposition avec cinq candidats, tous venus d’horizons différents, mais unis, lors de cette échéance cruciale, afin de se donner la possibilité de détrôner un chef d’Etat au pouvoir depuis 32 ans...

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Introduction - Afrique centrale : la poudrière
17 mars, 2016 Leslie Varenne

En 2016, dans les neuf pays que compte l’Afrique centrale[i], cinq organisent des élections présidentielles. Au Congo Brazzaville en mars ; au Tchad en avril ; au Gabon, le scrutin est prévu au second semestre de cette année ; en Guinée équatoriale en novembre ; en République Démocratique du Congo (RDC) également en novembre. Un sixième scrutin pourrait également avoir lieu au Cameroun en raison des velléités de son Président Paul Biya d’organiser une élection présidentielle anticipée afin de se représenter après 33 ans de pouvoir.

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Le pape François et le patriarche russe Kirill : entre spirituel et politique
10 mars, 2016 Bruno Husquinet

 « Le XXIème siècle sera spirituel ou ne sera pas. » André Malraux

L’entrevue du pape François et du patriarche orthodoxe russe Kirill à Cuba le 12 février dernier est une première dans l’histoire. Quoique les détracteurs puissent en dire, ce tête à tête et leur déclaration commune furent un moment fort tant dans la substance que dans la symbolique. Par ailleurs, les deux Eglises travaillent depuis longtemps sur ces questions de rapprochement. Avec un jésuite réformateur à sa tête, l’Eglise catholique s’est repositionnée sur le devant de la scène. Depuis le début de son pontificat le pape François a multiplié les gestes forts : réforme de la banque du Vatican ; reconnaissance des scandales de pédophilie ; nombreuses prises de positions politiques, notamment sur les conflits en cours, sur l’écologie et l’économie. Le patriarche Kirill occupe, lui aussi, le devant de la scène en Russie, continuant à faire sortir son Eglise du carcan athéiste soviétique qui avait disséminé les rangs des religieux. Outre le travail de reconstruction de son Eglise, il se positionne également sur les questions de société, sur la défense des chrétiens d’Orient et sur l’Ukraine. 

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Les Eparses : des îles aux trésors…
05 mars, 2016 Jean-Pierre Numa

Depuis plus de quarante ans, un litige oppose les autorités malgaches et mauriciennes à la France concernant le statut des îles Eparses. Malgré ces différends, ces atolls ont été intégrés en 2007 comme des territoires d’Outre-mer appartenant aux Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF). Ces îlots de l’autre bout du monde sont précieux à plus d’un titre. Ils concourent à faire de l’Hexagone la deuxième puissance maritime mondiale ; ils sont situés dans le très stratégique canal du Mozambique, une route par laquelle transite 30% de la production mondiale de pétrole ;  ils assurent une présence au cœur de l’Océan Indien ; ils regorgent de matières premières encore non exploitées, pétrole, gaz, minerais. En prime, ils sont une zone de ressources halieutiques exceptionnelle. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que les îles Eparses soient l’objet de lutte d’influence entre Etats. 

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Comment expliquer la chute du cours de l'or noir ?
04 mars, 2016 Loïk Le Floch-Prigent

Pas un jour ne se passe sans que quelqu’un ne m’interroge sur le prix du pétrole. Il est vrai que les nouvelles ont de quoi déconcerter ! Parti à plus de cent dollars le baril, l’or noir paraissait destiné à monter encore, mais il est redescendu aux alentours de trente dollars et les prévisionnistes expliquent désormais tout et son contraire sur l’évolution des prix : certains annoncent une stabilisation, d’autres prédisent une hausse des cours dans les prochains mois… Qu’en penser ? 

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Le statut très spécial du Royaume-Uni
23 févr, 2016 Hajnalka Vincze

A l’issue du sommet de l’UE des 18-19 février, destiné à trouver un arrangement qui satisfasse les exigences posées par Londres, en vue du référendum sur la sortie britannique de l’Union, le Premier ministre Cameron s’est targué d’avoir arraché un accord qui « allait donner un statut spécial » au Royaume-Uni. Au même moment, le président français a rappelé que, de par ses nombreuses exemptions, l’Angleterre « a toujours eu une place particulière en Europe ». C’est exact. Toutefois, la vraie spécificité des Britanniques à l’intérieur de l’UE aujourd’hui réside dans la prédominance idéologique de leur ligne résolument atlantiste et libre-échangiste. 

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Au-delà de la question du Brexit
18 févr, 2016 Hajnalka Vincze

En 1975, au moment du premier référendum britannique sur la question de savoir si l’Angleterre devait rester ou pas dans ce qui était alors les Communautés européennes, une caricature du Canard enchaîné dessina le Premier ministre Harold Wilson au lit, sur une Europa manifestement ennuyée qui l’implorait : « Entrez ou sortez, mon cher Wilson, mais cessez ce va-et-vient ridicule ». C’était il y a plus de quarante ans… Quatre décennies durant lesquelles l’Angleterre a soigneusement gardé sa position « semi-détachée de l’Europe », pour citer l’ancien Commissaire britannique, Chris Patten.

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Libye : une guerre holistique
12 févr, 2016 Bruno Husquinet

La chronologie de la guerre en Libye démontre que le concept d’ « approche globale » a été mis en œuvre avec la précision d’une horloge suisse tant les décisions et actions se sont imbriquées de manière fluide. Si l’accent a été mis sur l’intervention militaire internationale en soutien à une armée révolutionnaire libyenne, cette guerre holistique dont le scénario a été révélé au cours du mois de mars 2011, s’est menée concomitamment sur six fronts : médiatique, diplomatique, militaire, économique, judiciaire et humanitaire. 

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CPI : chronique d’un désastre
06 févr, 2016 Leslie Varenne

Compte rendu de la première semaine d’audience
retransmise en direct sur le site de la CPI[i].

Cette première semaine d’audience à la Cour Pénale Internationale (CPI) où comparaissaient Laurent Gbagbo et son éphémère ministre de la jeunesse, Charles Blé Goudé, a démontré, à l’excès, l’amateurisme de cette Cour. Le dossier Côte d’Ivoire est ouvert depuis cinq ans, l’institution a donc eu le temps de se préparer. Pourtant la Procureur, Fatou Bensouda, son premier substitut, Eric MacDonald et la représentante des victimes, Paolina Massidda ont démontré leur méconnaissance de ce pays. Longtemps le débat sur la CPI s’est porté sur sa légitimité, sur le fait qu’elle ne juge que des Africains et qu’elle soit un instrument de politique internationale au service de l’Occident au même titre que la diplomatie, les sanctions ou les embargos. Après cette semaine d’audience, un pas a été franchi. La question centrale qui se pose désormais est celle de sa capacité à rendre la justice. Si ce procès arrive à son terme, ce qui n’est pas certain, il n’y aura que des vaincus. La justice internationale, les inculpés et leur défense, enfin et surtout toutes les victimes ivoiriennes. Aucune vérité ne peut sortir de cette Cour.

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L’islam politique n’est pas monolithique
02 févr, 2016 Dr Marcin Styszynski

Les groupes djihadistes comme al-Qaida ou l’organisation de l’Etat islamique (EI) se réfèrent au Coran, les hadiths (des paroles et des actes attribués au Prophet Mahomet), la charia et à la tradition musulmane afin de perpétrer et de justifier leurs attentats terroristes, les exécutions des otages et la brutalité du combat en Syrie et en Irak. A cause de ces groupes, l’Occident amalgame trop souvent l’islam comme une religion de violence, de persécution et d’intolérence. Les dernières attaques contre des migrants et des mosquées montrent l’augmentation du populisme, des stérotypes et de l’islamophobie. Il est donc important de déterminer et de préciser le sens de l’islam dans la politique et son rôle dans l’activité des organisations comme l’EI ou al-Qaida. Il faut souligner que l’exploitation de l’islam par des groupes et partis politiques s’appuyent sur trois facteurs essentiels.

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La crise ivoirienne, de Choi Young-jin
26 janv, 2016 Leslie Varenne

Avant d’aborder le fond du livre de Choi Young-jin, il est important de conter l’histoire peu banale de cet ouvrage. De nationalité sud-coréenne, Choi Young-jin a été nommé en octobre 2007 représentant spécial des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) par son compatriote Ban-Ki Moon. Il est resté en fonction jusqu’en août 2011. Il a donc été à la tête de l’ONUCI pendant la crise ivoirienne débutée en novembre 2010 jusqu’à la fin de la guerre en avril 2011. Il fut un acteur majeur et un témoin primordial des événements survenus au cours de cette période. Début 2012, le site de la FNAC annonce la sortie d’un livre signé par le  représentant spécial de l’ONU aux Editions du Nouveau Monde intitulé : "Au cœur de la crise ivoirienne". En février 2012, Choi Young-jin est nommé ambassadeur de Corée du Sud à Washington et plus personne n’entend parler de cet ouvrage. Trois ans plus tard, en septembre 2015, la Lettre du Continent annonce que le livre sera édité par Michel Lafon et disponible en octobre 2015. Pourtant, depuis août 2015, les journaux ivoiriens commentent l’ouvrage. Le témoignage, imprimé et édité à Paris, est donc disponible dans la capitale ivoirienne, où il connaît un véritable succès, 15000 exemplaires vendus. Mais il reste introuvable à Paris. Ce précieux essai est pourtant très attendu par tous ceux, journalistes, diplomates, historiens, qui ont suivi de près ces événements. L’IVERIS cherche le livre, et là, l’affaire se corse… 

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Ouagadougou : qui sont les véritables commanditaires ?
19 janv, 2016 Leslie Varenne

L’attentat terroriste qui a fait 29 morts et 30 blessés à Ouagadougou et dans le Nord du Burkina est la première attaque djihadiste d’envergure dans ce pays. Dans l’après-midi du 15 janvier les assaillants ont tiré sur une gendarmerie, puis dans la soirée, ils se sont lancés à l’assaut de deux cibles : le Splendid Hôtel et le café Cappuccino situés, eux, dans le centre de la capitale. Immédiatement, ces attentats ont été revendiqués  par al-Quaeda au Maghreb islamique (AQMI) en précisant que c’était sa « filiale » al-Mourabitoune qui était passée à l’action. Cette organisation est dirigée par le djihadiste Moktar Belmoktar. Le drame survient quinze jours après l’investiture du nouveau Président Roch Marc Christian Kaboré et quatre mois après la tentative de coup d’Etat manqué du général Gilbert Diendéré. Compte tenu de certains faits troublants en provenance de Côte d’Ivoire et des liens qu’entretenaient l’ancien Président Blaise Compaoré et quelques hommes de son clan avec certains chefs djihadistes, il parait légitime de s’interroger sur les véritables commanditaires de ces attentats meurtriers.  

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La bataille de l'industrie, de Loïk Le Floch-Prigent
05 janv, 2016 Leslie Varenne

Le dernier livre de Loïk Le Floch-Prigent est un ouvrage d’une actualité brûlante car il traite des problèmes majeurs auxquels la France est confrontée aujourd’hui : l’avenir de son industrie et de sa souveraineté. Evidemment, les deux vont de pair surtout lorsqu’il s’agit d’industries stratégiques comme Alstom ou Ariane 6. Ce sont deux exemples particulièrement édifiants, ils ne sont malheureusement pas les seuls. 

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Ariane 6 : le début de la fin pour l’industrie spatiale européenne ?
01 janv, 2016 Hajnalka Vincze

Atout stratégique par excellence, le lanceur Ariane est le symbole même de l’Europe spatiale. Fait plutôt rare, c’est un succès à la fois politique, technologique et commercial. Or il risque aujourd’hui d’être détricoté, suite à un transfert inédit de contrôle et de compétences de l’Etat vers des industriels privés. 

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31 déc, 2015

 

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Les différences essentielles entre al-Qaida et l’Etat islamique
29 déc, 2015 Dr Marcin Styszynski

Afin de mieux comprendre les risques représentés par l’Etat islamique (EI), il est important de confronter et de comparer les capacités militaires et opérationnelles de cette organisation avec sa rivale, al-Qaida, qui jouait, avant l’apparition de l’EI, un rôle essentiel dans le djihad global. Les différences concernent trois critères fondamentaux : l’idéologie, la stratégie et l’économie. 

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Le FMI, un acteur de la guerre en Ukraine ?
25 déc, 2015 Bruno Husquinet

Depuis le début de la drôle de guerre en Ukraine, les observateurs restent pantois devant les actions du Fonds Monétaire International (FMI). Dans ce pays, l’institution dirigée par Christine Lagarde s’est montrée particulièrement souple. Le FMI a accordé un prêt à un gouvernement de transition ; à un pays qui n’a pas les moyens de rembourser ; à un pays en guerre ; et n’a pas contrôlé la véritable destination de ces fonds. Toutes choses absolument contraires à ses statuts.

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COP 21 : clap de fin
22 déc, 2015 Loïk Le Floch-Prigent

La COP 21 ayant jeté l’opprobre sur les sources d’énergie fossile et ardemment célébré les énergies renouvelables, tous les grands projets de construction de gazoducs qui agitent l’Europe et sa périphérie allaient-ils être enterrés ? Lors du sommet européen des 17 et 18 décembre dernier, le doublement du trajet North Stream qui amène le gaz directement de la Russie à l’Allemagne a tenu le haut des discussions et des désaccords. Il faut donc se rendre à l’évidence, les hydrocarbures continueront à être utilisés au quotidien. 

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La chaolition saoudienne
21 déc, 2015 Leslie Varenne

Le 15 décembre dernier, l’Arabie Saoudite formait une « alliance militaire islamique », comprenant 34 pays, pour lutter contre… l’Etat Islamique ! Dès l’annonce de cette coalition, avec sa verve et son humour habituels, Philippe Grasset, fondateur du site Dedefensa, a relevé le côté ubuesque de cette alliance : « Il serait temps qu’ils songent à demander à Hitler-Berlin, homme politique local qui n’est jamais mort comme chacun sait puisqu'il ressuscite régulièrement, d’organiser une coalition mondiale de lutte contre l’antisémitisme.» Au fil des jours, cette nouvelle ligue devient de plus en plus grotesque puisque plusieurs Etats, et non des moindres, comme le Pakistan qui avait déjà refusé de faire partie de l’autre coalition saoudienne en guerre contre les Chiites du Yémen, s’étonnent de figurer dans ce catalogue. Avec l’arrivée surprenante de pays africains francophones prêts à combattre le terrorisme aux côtés du royaume wahhabite, la bouffonnerie de cette entreprise atteint des sommets. 

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De la décarbonisation du monde...
16 déc, 2015 Loïk Le Floch-Prigent

Depuis le début de la COP 21, il était préférable de raser les murs et de ne point poser de question. Le Barnum accueillait le monde entier et il allait sauver la planète ! Aussi me suis-je retranché chez moi, en attendant des jours meilleurs, ceux où il est possible de s’interroger sans que l’accusation fuse : « êtes-vous climato-sceptique ? » avec la brutalité de ton qui siérait mieux à un assassin. En réalité, je n’en sais rien, je suis simplement un ingénieur qui a baigné dans la science et la technique depuis des dizaines d’années et qui a envie de comprendre. 

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Après Alstom, à qui le tour ?
29 nov, 2015 IVERIS

Intervention de Leslie Varenne lors du colloque, du 26 novembre 2015, à l'Assemblée Nationale, organisé conjointement par le député Jacques Myard et Claude Rochet, professeur d'intelligence économique à l'université d'Aix-Marseille, et  l'institut Eurogroup.

Avant d’être une arme de déstabilisation des entreprises et par conséquent des Etats, le Foreign corrupt practices act, (FCPA), loi américaine sur la corruption étrangère, est une formidable machine à cash. Le nombre d’entreprises touchées et le volume des amendes infligées grâce au FCPA évoluent de manière exponentielle : en 2004, cette loi a rapporté 11 millions de dollars au trésor US, dix ans plus tard, ce sont plus de 1,5 milliard qui sont tombés dans les caisses de l’Etat américain. En outre, cette loi génère toute une économie de services, avocats, consultants, cabinets de conseils etc. On considère, par exemple, qu’un dollar d’amende correspond à un dollar dépensé en frais d’avocat. En 2014, le FCPA a donc créé à minima 3 milliards de dollars de richesse sur le sol américain. Le FCPA est un big business ! L’ancien chef adjoint du Departement of Justice (DoJ) chargé de l’application du FCPA, William Jacobson, a récemment déclaré : « Le ministère de la Justice a compris que les enquêtes sur les sociétés sont une entreprise lucrative. C’est le seul domaine d’activité gouvernemental qui rapporte réellement de l’argent. Nous parlons de milliards de dollars que le gouvernement est en mesure de recueillir. » Au vu de sa rentabilité, le FCPA est donc encore appelé à croître, c’est un point qu’il ne faut ni minorer ni perdre de vue. 

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Les vents tournent
28 nov, 2015 Bruno Husquinet

Partie 2: Azerbaïdjan, pas de changement et détérioration des relations

La relation entre l'UE et l'Azerbaïdjan débute en 1999 lors de la signature d'un Accord de Coopération et de Partenariat. Ensuite, l’UE lance sa politique européenne de voisinage (PEV) en 2004 afin de tisser des liens avec les pays au sud et à l’est de l’UE. Cette politique a été révisée la semaine dernière, sans changement notable. C’est dans ce cadre que l'Union signe un accord avec l’Azerbaïdjan en 2004, suivi d’un plan d'actions ambitieux en 2006. Au sein de la PEV, un partenariat spécial est inauguré en 2009 pour les voisins de l'Est, c’est le partenariat oriental, au sein duquel se retrouve l'Azerbaïdjan avec 5 autres pays. Ce cadre d'accord régional vise à renforcer les échanges commerciaux et la démocratie dans ces pays. L’Euronest en est l’Assemblée parlementaire.

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Et si on coupait les vivres à Daesh ?
25 nov, 2015 Loïk Le Floch-Prigent

Ce qui est arrivé à Paris le 13 novembre 2015 exige de manière urgente que les autorités françaises demandent aux responsables des pays du Golfe Persique de prendre les mesures adéquates pour arrêter le financement de Daesh par les matières premières des territoires que cette organisation occupe. Puisque la COP 21 doit sauver la planète à partir du 30 novembre, profitons de ce moment pour, au moins, clarifier la position de chacun sur Daesh, ce sera aussi bon pour la planète ! 

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Bamako sur Seine
22 nov, 2015 Leslie Varenne

Bamako-novembre 2015

Le Mali, pays sacrifié sur tous les autels, celui du terrorisme, de la souveraineté, de l’assistance et de la condescendance… Le grand peuple mandingue est devenu un grand corps malade, ses plaies mal ou pas cicatrisées se nomment : la colonisation française ; Moussa Traoré, le dictateur pas éclairé ; Nicolas Sarkozy et la coalition qui ont mené la guerre en Libye et transformé ce pays en un gigantesque dégât collatéral ; Amadou Toumani Touré, dit ATT, le Président dont le slogan était « Pour un Mali qui gagne » et qui a fini par détruire ce qu’il restait de l’Etat et de l’armée, il fut balayé en 2012 par un coup d’Etat ; François Hollande, dans son costume de chef de guerre, qui en mars 2013 déclare depuis, ce qu’il considère encore être, la  métropole : « Nous voulons qu’il y ait des élections au Mali à la fin du mois de juillet, et ça, nous serons intraitables là-dessus » ; Ibrahim Boubacar Keïta, dit IBK, au pouvoir depuis deux ans et demi seulement et déjà moribond ; François Hollande encore qui apporte « un soutien sans faille » à son ami IBK. A ce stade, ce n’est plus de l’aide, c’est du soin palliatif… 

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Suite aux attentats de Paris, l’Europe de la défense renaîtra-t-elle de ses cendres ?
18 nov, 2015 Hajnalka Vincze

En évoquant à Versailles, pour la première fois dans l’histoire, la clause de défense mutuelle de l’UE, le Président François Hollande a donné un coup de fouet formidable à la défense européenne. Au vu de l’extraordinaire emprise des Etats-Unis et de l’OTAN sur la sécurité en Europe, il s’agit d’un véritable coup de force. Dans la foulée, la Haute Représentante de l’Union européenne lui a emboîté le pas sans hésiter.

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Bas les masques !
17 nov, 2015 Eric Denécé

Les attentats sanglants qui viennent de frapper notre capitale – plus de 130 morts et de 400 blessés – sont le pire acte de violence survenu sur notre territoire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Ils sont aussi, par leur ampleur, la troisième attaque en importance ayant touché le monde occidental après celles du 11 septembre 2001 et de Madrid.

Alors que les actes de ces dernières années semblaient être le fait d’amateurs plus ou moins habiles, les attaques du vendredi 13 novembre, par leur nombre, les cibles visées, leurs modes opératoires et leur coordination, traduisent une opération mieux planifiée.

Le gouvernement a immédiatement condamné ces actes barbares, promis que « la France serait impitoyable » et a confirmé aux citoyens que le pays était « en guerre »… sans toutefois préciser contre qui, ce qui traduit son embarras ou sa cécité.*

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Les vents tournent
12 nov, 2015 Bruno Husquinet

 Partie 1 : L’Union Européenne courtise le Bélarus et lève les sanctions

Le régime de Minsk est souvent qualifié de dernière dictature d’Europe. Certes, le régime est indéniablement fort, mais depuis la fin de l’union soviétique, il tente avant tout de trouver sa voie. Depuis son indépendance il y a 25 ans, le Bélarus est présidée par M. Loukachenko qui promeut un socialisme de marché. Situé entre le passé et le futur mais aussi entre les différentes forces qui l’entourent au Nord, au Sud et à l’Est, le Bélarus a développé un système qui lui est propre au sein de l’Europe. Sur son flanc Est, la Russie lui rappelle encore et toujours qu’elle est sa seule amie proche sur les plans culturel, économique et militaire. D’ailleurs, la lecture des événements internationaux faite par le Bélarus et la Russie se rencontrent souvent.

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Les réactions du groupe Wilayat Sinaï suite au crash de l'avion russe
10 nov, 2015 Dr Marcin Styszynski

Le groupe djihadiste Wilayat Sinaï (Province du Sinaï) a publié une déclaration revendiquant la responsabilité de l’accident du vol CR 9628 dans le Sinaï. Wilayat Sinaï est le nouveau nom de l’organisation djihadiste Ansar Bayt al-Maqdis (Les Partisans de Jérusalem) qui opère depuis 2011 dans la péninsule du Sinaï et qui est responsable de plusieurs actions terroristes, notamment des attentats perpétrés au Caire et au sud de l’Egypte. En 2014 le groupe a fait allégeance à l’organisation de Etat Islamique (EI) et a adopté le nom Wilayat Sinaï. Après chaque attaque terroriste en Egypte, Wilayat Sinaï publie de courts rapports de guerre qui contiennent généralement les dates des attentats, le type d’attaques ainsi que les pertes parmi les forces de sécurité et les civils.

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Une OTAN très combative à la Conférence de Riga
07 nov, 2015 Hajnalka Vincze

Le premier panel de discussion de la Conférence de Riga, intitulé « L’OTAN défenseur de la stabilité globale », n’a laissé aucun doute sur les préférences des participants. Que ce soit un général britannique ancien Commandant suprême adjoint de l’Alliance, le M. Sécurité de la Fondation Adenauer en Allemagne, un ancien ambassadeur américain à l’OTAN, ou le Secrétaire d’Etat du ministère de la Défense de la Lettonie, ils sont tous pour une approche dure vis-à-vis de la Russie. Leur unique réserve par rapport à la politique actuelle des Etats-Unis et de l'OTAN est qu’elle ne s’affirme pas avec une fermeté suffisante.

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Côte d'Ivoire, Abidjan, octobre-novembre 2015
04 nov, 2015 Leslie Varenne

A la veille du scrutin présidentiel, dans la capitale politique, l’atmosphère est impalpable. Le temps est suspendu. Abidjan est vide. Comme toujours dans les temps incertains, les élites ont envoyé leurs familles à l’étranger. La classe moyenne a fait des provisions et se terre chez elle. Les pauvres sont partis au village en attendant que l’élection se passe. Election, ce seul mot, terrorise les Ivoiriens. Sans aucun doute, les souvenirs douloureux de la Présidentielle de 2010 et de la guerre de 2011 qui a suivi, remontent à la surface. Mais il y a autre chose, il règne un climat étrange et indicible. Jamais les Ivoiriens n’ont été aussi taiseux. C’est un peuple pudique sur ses souffrances, mais qui adore les joutes politiques. Aujourd’hui même les chauffeurs de taxi, d’ordinaire si volubiles restent muets. 

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Arabie Saoudite : le mirage des contrats pour sauver l’industrie française
29 oct, 2015 Loïk Le Floch-Prigent

Depuis 1993 apparaissent périodiquement sur nos petits écrans les « gros contrats » espérés du royaume d’Arabie Saoudite avec, en filigrane, des commentaires sur le possible remplacement du partenaire historique, les USA, par notre beau pays, en particulier pour le matériel militaire. Présidents de la République ou Premiers ministres reviennent alors de Ryad avec les bras chargés de fleurs, transformant les milliards engrangés en emplois industriels grâce aux articles élogieux de la nuée de journalistes qui les a accompagnés lors de leur visite officielle. Comment en finir une fois pour toutes avec ces mirages rapportés du désert ? Ce n’est pas facile, tant d’habitudes ancrées et tant de méconnaissance voire de déni des réalités !

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L'Afrique de l'Ouest dans l'oeil du cyclone
28 oct, 2015 Leslie Varenne

Partie V : Conclusion : les coups d’Etat électoraux

Après le coup d’Etat manqué du 16 septembre au Burkina Faso - dont il est encore impossible de mesurer les conséquences notamment en ce qui concerne l’implication de plusieurs pays étrangers dans cette affaire-, l’Afrique de l’Ouest vient de réaliser deux magistraux coups d’Etat électoraux. Le premier s’est déroulé le 11 octobre en Guinée Conakry, avec un passage en force d’Alpha Condé, élu en bourrant les urnes et en s’octroyant 60% des voix dès le premier tour. Le second vient d’avoir lieu en Côte d’Ivoire où Alassane Ouattara a violé, non seulement les lois du code électoral, mais aussi celles de l’arithmétique !

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Les groupes djihadistes réagissent à l’offensive russe
20 oct, 2015 Dr Marcin Styszynski

Après les premières semaines de l’engagement militaire russe en Syrie, les principaux groupes djihadistes tels que le Front al-Nosra (affilié à al-Qaida) et l’organisation de l’Etat islamique (EI) ont diffusé des manifestes officiels. Dans ces documents, ils expriment leurs réactions, leurs sentiments et leurs positions politiques vis-à-vis des derniers événements dans la région.Tout d’abord, ces manifestes se réfèrent aux questions traditionnelles présentées dans la propagande djihadiste, menaces contre les gouvernements locaux et occidentaux, sans oublier la glorification des combattants et la justification des actes terroristes. Mais cette fois-ci, l’hostilité la plus forte concerne la Russie et son engagement militaire en Syrie.

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La détermination russe dans le dossier syrien
19 oct, 2015 Dinah Lee

Depuis le début des frappes russes en Syrie, l’Europe et les Etats-Unis s’étonnent, s’offusquent et menacent. Lors de sa dernière réunion du 12 octobre 2015, le Conseil des ministres européens des Affaires étrangères exigeait de la Russie qu’elle cesse immédiatement ses frappes contre les groupes autres que Daesh ou repris dans la liste des organisations terroristes de l’ONU. Dans sa déclaration, le Conseil déclare: «Cette escalade militaire risque de prolonger le conflit, mettre en péril le processus politique, aggraver la situation humanitaire et renforcer la radicalisation». Finalement, le Conseil « appelle la Russie à concentrer ses efforts sur l’objectif commun visant à trouver une solution politique au conflit». La Russie n’a pourtant pas ménagé ses efforts pour trouver une solution en Syrie.


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Paroles armées, de Philippe-Joseph Salazar
18 oct, 2015 Leslie Varenne

Philippe-Joseph Salazar est rhétoricien et philosophe. Son dernier livre est bouleversant dans le sens littéral du terme. En effet, cet ouvrage nous oblige à repenser notre représentation de l’organisation de l’Etat islamique. Dans cet essai, l’auteur dissèque minutieusement toute la documentation, les écrits, les paroles, la communication visuelle de ce qu’il nomme, lui, le Califat. Il décrypte la puissance de l’argumentation et la persuasion de masse auxquelles se livrent les djihadistes. Car, pour combattre la propagande terroriste, il faut la comprendre. 

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L'Afrique de l'Ouest dans l'oeil du cyclone
17 oct, 2015 Philippe Evanno

 Partie IV : Élection présidentielle guinéenne : le trou d’air

Le second tour de la présidentielle ivoirienne de 2010 continue à planer sur les élections en Afrique francophone : sans second tour, pas de guerre civile et Laurent Gbagbo serait toujours au pouvoir. La peur du second tour, chez ceux qui n’ont pas opté pour un tour unique, comme le Togo et le Gabon où une majorité relative suffit, doivent donc désormais « bourrer les urnes » au-delà des limites du raisonnable. C’est ce qui se passe en ce moment en Guinée, et ailleurs demain… L’annonce d’une victoire d’Alpha Condé au premier tour, avec environ 60 % des voix, n’empêchera pas forcément des troubles mais permettra, si les troubles ont lieu avant que les recours légaux aient été épuisés, d’accuser les opposants d’être antidémocrates. La politique sarkozienne en Afrique a des conséquences durables…

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L'Afrique de l'Ouest dans l'oeil du cyclone
09 oct, 2015 Leslie Varenne

Partie III : Le Mali et l'éternel recommencement

Ni guerre, ni paix, c’est ainsi que pourrait se résumer la situation de ce pays aujourd’hui. L’accord d’Alger signé, sous la pression de la médiation internationale et après des mois de tractations, par toutes les parties maliennes le 20 juin 2015, n’est toujours pas mis en œuvre. Mieux, cet accord est devenu un prétexte à des alliances contre nature, des marchandages, des attaques, des réconciliations factices où chaque partie au conflit essaye de tirer son épingle du jeu. Les Nations Unies présentes au Mali depuis avril 2013 se révèlent incapables de faire respecter le cessez-le-feu et par conséquent de remplir leur mission première qui consiste à contribuer au rétablissement de l’autorité de l’Etat dans tout le pays. La force française Barkhane ne s’implique plus aux côtés de la Minusma et se contente d’opérations ponctuelles et ciblées. L’Union européenne, premier bailleur de fonds du Mali, qui ne vit que sous perfusion de l’aide internationale, se tait et continue de payer...

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Révolutions inutiles et interventions chaotiques
06 oct, 2015 Eric Denécé

Tunisie, Libye, Egypte, Syrie, Ukraine : ces cinq Etats ont accouché, à partir de 2011, de mouvements « révolutionnaires » plus ou moins spontanés, plus ou moins nationaux, qui devaient tous transformer leur pays et améliorer la situation. Aujourd’hui, force est de constater leur échec complet. Certes, il ne fait aucun doute que les régimes objets de la vindicte populaire aient été autoritaires ou dictatoriaux, policiers ou répressifs et, pour la plupart, corrompus. C’est une réalité.*  

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Les Balkans, nouveau front du combat djihadiste
02 oct, 2015 Dr Marcin Styszynski

Dans les dernières parutions publiées par l'organisation de l'État islamique (EI), les Balkans sont considérés comme l’un des objectifs essentiels des organisations extrémistes. La région est citée à plusieurs reprises dans le dernier numéro de leur revue Dabiq ainsi que dans une vidéo diffusée par Al-Hayat TV, la chaine officielle de l’EI.  

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L’Amérique craint pour « son » ordre mondial
29 sept, 2015 Hajnalka Vincze

Un récent rapport du Service de recherche du Congrès américain (CRS) se penche sur le « Changement dans l’environnement international de sécurité et les potentielles implications pour la défense ». Les formules de prudence cachent à peine que, d’après le rapport, une mutation a bel et bien eu lieu, marquée par la « tactique du salami » (tranche après tranche) pratiquée par Pékin en Mer de Chine orientale et la « guerre hybride » menée par la Russie en Ukraine. Cette nouvelle donne sécuritaire se caractérise par « le renouvellement de la compétition entre les grandes puissances » et « la remise en cause de certains éléments de l’ordre mondial dominé par les Etats-Unis ».

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La victoire contre l’Etat Islamique passe par Ryad
23 sept, 2015 Gérard Bapt

La révision de la doctrine d’intervention française en Syrie, décidée par le Président de la République coïncide avec celle récemment opérée par la Grande-Bretagne et l’Australie. Elle constitue un tournant majeur dans la lutte occidentale et européenne contre l’Etat Islamique. Les raisons de l’abandon de la position consistant à attendre la chute de Bachar Al Assad pour s’engager dans la recherche d’une issue politique incluant la Russie et l’Iran sont de plusieurs ordres : les avancées obtenues sur le terrain par les jihadistes ; les attaques terroristes commanditées à partir de la Syrie vers notre sol ; le récent tsunami de l’exode humain syrien et irakien passant par la Turquie.    

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L'Afrique de l'Ouest dans l'oeil du cyclone
19 sept, 2015 Leslie Varenne

  PARTIE II : Le Burkina Faso

Le Burkina Faso était, certes, dans l’œil du cyclone à la veille de l'élection présidentielle du 11 octobre, néanmoins personne n’a vu venir la tornade qui s’est abattue sur le pays. Le coup d’Etat du 16 septembre a pris tout le monde de court, le peuple burkinabé, les autorités de la transition, les candidats, mais également les Français et les Américains qui disposent de bases militaires et d’unités de forces spéciales dans ce pays. Sans aucun doute possible, l’opération a été minutieusement préparée et l’ancien Président Blaise Compaoré est à la manœuvre, même si le Général Diendéré, qui a pris les rênes du pouvoir à Ouagadougou, s’en défend.

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Hausse du budget militaire aux Pays-Bas… et davantage de surcoûts prévus pour leurs F-35
18 sept, 2015 Hajnalka Vincze

Depuis des années déjà, les arbitrages budgétaires se font aux Pays-Bas en fonction de l'achat prévu de leurs nouveaux avions de chasse, un achat qui n’a pourtant pas cessé de faire débat. Jusqu’en mars dernier en tout cas, lorsque la signature du contrat pour les huit premiers appareils US a marqué, selon la ministre de la Défense, un « point de non-retour », censé clore ledit débat une fois pour toutes.

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L'Afrique de l'Ouest dans l'oeil du cyclone
14 sept, 2015 Leslie Varenne

Partie I : La Côte d'Ivoire

En octobre 2015, trois pays d’Afrique de l’Ouest organisent des élections présidentielles : le Burkina Faso, la Guinée Conakry et la Côte d’Ivoire. Les Maliens devraient également se rendre aux urnes pour élire leurs maires. Si tous ces rendez-vous sont potentiellement à risques, c’est sans conteste en Côte d’Ivoire, où les présidentielles se tiendront le 25 octobre, que la situation est la plus délétère. Une nouvelle déflagration dans ce pays pourrait embraser toute la sous-région.  

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La turbine Arabelle ou l'indépendance technologique française
06 sept, 2015 Loïk Le Floch-Prigent

En 1984, Gilbert Riollet, directeur technique des turbines vapeur de la division Electromécanique du Groupe CGE reçoit, avec son équipe, le « Grand Prix Technique » des mains du Ministre de l’Industrie et de la Recherche. Ce geste couronne l’invention de la turbine à vapeur française Arabelle.

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Le rôle de la contrebande dans la crise des migrants
06 sept, 2015 Dr Marcin Styszynski

L’escalade de la crise des migrants en Europe est à rapprocher des derniers événements au Proche-Orient et des frappes aériennes contre des bases de l’Etat Islamique (EI) en Irak et en Syrie. Paradoxalement l‘engagement de la Turquie dans la lutte contre le terrorisme a intensifié les problèmes politiques, sociaux et humanitaires dans la région, ce qui a contraint les groupes djihadistes et les trafiquants à changer leurs objectifs économiques. 

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Les pays pauvres non pollueurs vont-ils financer l’organisation de la COP 21 ?
05 sept, 2015 Leslie Varenne

Après son entretien avec le Président congolais, le 7 juillet à l'Elysée,  François Hollande a : « salué la mobilisation de la République du Congo en faveur du succès de la Conférence de Paris sur le climat ». Mais de quelle manière Sassou Nguesso s’est-il donc mobilisé pour être ainsi salué ?

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L’OTAN cherche à contourner la règle du consensus
25 aout, 2015 Hajnalka Vincze

Le jour s'approche-t-il où l’Amérique pourra, de son seul fait, entraîner l’ensemble de l’OTAN dans une guerre ? La question n’est hélas pas aussi surréelle qu’elle n’y paraît. A la réunion ministérielle de l’Alliance, fin juin, le SACEUR (commandant suprême) « a reçu l’autorité d’alerter, de mobiliser et de préparer les troupes » de son propre chef, en attendant le feu vert du Conseil pour le déploiement sur le terrain. Mais soyons réalistes : les troupes déjà sur le tarmac, les avions prêts à décoller, les tambours battants – difficile d'imaginer comment un Etat membre réticent oserait, à ce stade, monter au créneau pour arrêter la machine de guerre de l’Alliance.

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Le Temps des humiliés, de Bertrand Badie
23 aout, 2015 Leslie Varenne

« L’humiliation est devenue l’ordinaire des relations internationales. Rabaisser un Etat, le mettre sous tutelle, le tenir à l’écart des lieux de décisions, stigmatiser ses dirigeants : autant de pratiques diplomatiques qui se banalisent. »* Lorsque Bertrand Badie écrit ces lignes, en mars 2014, la crise grecque n’a pas encore atteint son paroxysme et Christine Lagarde n’a pas encore osé déclarer : « Pour la Grèce, l’heure a sonné de discuter avec des adultes. » !

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L'Arabie saoudite pourrait accéder à la technologie nucléaire grâce à la Russie. Qui l'eut cru ?
24 juil, 2015 René Naba

Le prince Mohamad, ministre de la défense et vice prince héritier du Royaume, a supervisé la conclusion d'un protocole de coopération entre ROSATOM et la «Cité Roi Abdallah pour la recherche atomique». Cet accord vise à la mise en place de structures afférentes au développement de la recherche atomique à des fins pacifiques en Arabie saoudite. Il porte également sur la coopération dans le domaine de la recherche spatiale.*

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Ouagadougou Burkina Faso, juin 2015
17 juil, 2015 Leslie Varenne

En ce mois de juin 2015, un des mois les plus chauds de cette région sahélienne, la politique transpire par tous les pores de la société burkinabé. Dans les maquis, à la maison, aux terrasses des cafés, chacun y va de son commentaire, son analyse, ses prédictions sur l’élection présidentielle qui doit se tenir en octobre 2015. Transition, justice, avenir sont les maîtres mots des conversations. 

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Histoire secrète des Frères Musulmans, de Chérif Amir
10 juil, 2015 Leslie Varenne

L’intérêt du livre de Chérif Amir est double. D’une part c’est l’une des études les mieux documentées sur la confrérie des Frères musulmans, d’autre part en tant qu’Egyptien, l’auteur a une connaissance intime de son sujet. En sous-texte et derrière le travail froid du chercheur se lit la souffrance et les blessures que cette organisation a infligé au peuple de son pays depuis sa création par Hassan El-Banna en 1928. 

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La France peut-elle retrouver une politique étrangère indépendante ?
21 mai, 2015 Leslie Varenne

Colloque organisé le 21 mai 2015 à l'Assemblée Nationale par le député Jacques Myard. Le thème de ce colloque était : la France peut-elle retrouver une politique étrangère indépendante ?

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Racket américain et démission d'Etat
02 janv, 2015 Leslie Varenne, Eric Denécé

Le 19 décembre 2014, l'assemblée générale des actionnaires d'Alstom a autorisé la vente des activités de sa branche Energie à General Electric (GE). Une nouvelle fois la France a capitulé devant son allié américain en lui cédant dans des conditions litigieuses et rocambolesques les activités rentables et pour partie stratégiques d'un fleuron de son industrie.*

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Pente glissante : la réatlantisation de l Europe de la défense
01 janv, 2015 Hajnalka Vincze

La réatlantisation de l’Europe de la défense est en marche.[1] Que ce soit la crise en Ukraine, offrant visiblement un formidable prétexte aux efforts de rebond de l’OTAN ; ou notre inexorable enfermement dans le piège de la coopération avec l’Amérique en matière d’armement ; ou les pressions qui s’accentuent pour civilianiser la PSDC y compris ses groupements tactiques ; ou encore le nouveau discours de symbiose transatlantique ; il s’agit à chaque fois de manifestations palpables d’un choix délibéré de la part des élites euro-occidentales.

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Le trésor du Guide
01 janv, 2015 Leslie Varenne

  Libye : le casse du siècle

Dans les antichambres des guerres, raison d’Etat se conjugue souvent avec intérêts financiers. En Libye, comme ailleurs, les vainqueurs ont pillé les vaincus. Où se trouve le trésor du Guide ? Les libyens reverront-ils leur argent ? Deux ans après la chute de Tripoli, les véritables raisons de la guerre en Libye taraudent toujours les esprits. La France, le Qatar et leurs alliés ont-ils sauvé un printemps libyen, secouru les populations civiles et ramené la démocratie ? Grâce à une rente pétrolière rapportant 70 milliards de dollars par an, la Libye du colonel Kadhafi avait amassé une fortune colossale et investit des milliards de dollars un peu partout sur la planète. Une puissance financière qui lui permettait de jouer un rôle politique sur la scène internationale, particulièrement en Afrique. Le trésor du Guide a-t-il pesé dans le déclenchement de la guerre ou n’a-t-il été qu’une belle opportunité ?

Enquête publié dans le magazine Long Cours en septembre 2013    

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