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Introduction - Afrique centrale : la poudrière

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17 mars, 2016
Note d'actualité
Leslie Varenne


En 2016, dans les neuf pays que compte l’Afrique centrale[i], cinq organisent des élections présidentielles. Au Congo Brazzaville en mars ; au Tchad en avril ; au Gabon, le scrutin est prévu au second semestre de cette année ; en Guinée équatoriale en novembre ; en République Démocratique du Congo (RDC) également en novembre. Un sixième scrutin pourrait également avoir lieu au Cameroun en raison des velléités de son Président Paul Biya d’organiser une élection présidentielle anticipée afin de se représenter après 33 ans de pouvoir.

Le conflit qui se déroule actuellement au Burundi, suite à la réélection contestée du Président Nkurunziza le 20 août 2015, n'est qu'un aperçu des crises à venir dans les Etats de cette région. Dans tous ces pays, les Présidents en place se représentent, malgré le rejet des  populations et d’une grande partie de la classe politique. A ce titre, « la révolte des sifflets[ii] » organisée récemment au Tchad contre la énième candidature du Président Idriss Deby Itno, la mobilisation de l’opposition face au Président congolais Denis Sassou Nguesso, ainsi que les débats houleux que suscite l'éventualité d'une élection anticipée au Cameroun sont significatifs du désir de changement et de la lassitude des Africains devant ces  Républiques dynastiques. C'est la seule partie du monde où se sont constitués de tels « pouvoirs monarchiques ». Huit des chefs d'Etat qui dirigent l'Afrique centrale totalisent à eux seuls plus de deux siècles d’exercice !

-          Le Gabon avec Omar Bongo père, puis Ali Bongo fils : 49 ans ; 

-          La République Démocratique du Congo avec Laurent Désiré Kabila père, puis Joseph Kabila fils : 19 ans ;

-          L’Angola avec Eduardo Dos Santos : 37 ans ;

-          La Guinée équatoriale avec Théodoro Obiang Nguema : 37 ans ;

-          Le Cameroun avec Paul Biya : 33 ans ;

-          Le Congo avec Denis Sassou Nguesso : 32 ans ;

-          Le Tchad avec Idriss Deby Itno : 26 ans ; 

Si la République Centrafricaine a connu de nombreuses alternances, depuis son indépendance en 1960, ce n’est pas à cause de l’exemplarité de sa démocratie, mais en raison de coups d’Etats et de graves crises politiques à répétition. Seule la petite République de Sao Tomé-et-Principe, par ailleurs l’un des plus petits pays d’Afrique, fait figure de bonne élève.

Ces pouvoirs autocratiques se sont maintenus aux forceps et ont opéré des modifications constitutionnelles pour lever les obstacles qui les empêchent de se maintenir à la tête de l’Etat. En outre, dans tous ces pays, les commissions électorales indépendantes chargées d’établir les fichiers électoraux et de veiller à la transparence et à la bonne tenue des scrutins sont confiées à des organismes qui n’ont d’indépendant que le nom. Le refus des Présidents d’Afrique centrale d’envisager la possibilité d’une alternance politique couplé à leur mainmise sur la gestion du processus électoral aggravera un climat social déjà délétère. La probabilité d’un embrasement est donc réelle dans presque tous ces Etats.

 

[i] Les neuf pays d’Afrique centrale selon l’ONU : Angola, Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine, République démocratique du Congo, République du Congo, Sao Tomé-et-Principe et Tchad. Dans d’autres classifications le Burundi et le Rwanda font également partie de l’Afrique centrale.
[ii] http://www.camer.be/50285/11:1/tchad-des-34sifflets-citoyens34-contre-deby.html

Tags:
afrique


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