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Rapports



CPI : Autopsie d'un naufrage judiciaire.


10 janv, 2017 Leslie Varenne

Partie II :

Retour sur la tuerie des femmes d'Abobo

 

Préambule

Lors de sa première note sur ce procès, l’IVERIS avait pris l’engagement de revenir sur une des quatre charges retenues contre Laurent Gbagbo et son co-accusé Charles Blé Goudé. Il s’agit de la marche des femmes dans le quartier d’Abobo à Abidjan, le 3 mars 2011, au cours de laquelle au moins sept femmes ont trouvé la mort. La tuerie des femmes d’Abobo est un événement crucial de l’histoire ivoirienne puisqu’il conduira au vote, le 30 mars 2011, de la résolution 1975 par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. C’est sous le prétexte de cette résolution, qui autorisait la France et l’ONU à détruire les armes lourdes de l’armée ivoirienne afin de protéger les populations civiles, que ces forces ont mené une guerre en Côte d’Ivoire en violation de la charte des Nations Unies [1]. L’auteur de ces lignes a enquêté sur le sujet et a publié en février 2012 aux éditions Mille et une nuits un livre sur la crise post-électorale et la guerre de 2011, intitulé « Abobo-la-guerre, Côte d’Ivoire, terrain de jeu de la France et de l’ONU ». Après la publication de cet ouvrage, l’auteur a continué, lors de ses multiples voyages en Côte d’Ivoire, à enquêter sur cet événement. Mais, avant d’écrire à nouveau sur ce drame et rendre publiques de nouvelles informations, l’Institut souhaitait que le sujet soit traité devant la CPI. Compte tenu de la manière dont se déroule le procès, il ne paraît plus urgent d’attendre. Que soit remercié, ici, ceux qui ont aidé à la réalisation de ce rapport. Ils sauront se reconnaître.

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Sanctions économiques contre la Russie, l'arme de l'alliance transatlantique


08 sept, 2016 Bruno Husquinet

Résumé du rapport :

Depuis le printemps 2014, plusieurs vagues de sanctions ont été prises à l’encontre de la Russie, essentiellement par les Etats-Unis et l’Union Européenne. Pour la première fois de l’histoire, l’alliance transatlantique a élaboré en commun ces mesures restrictives, divisées en trois catégories : 

1 - sanctions politiques : visant à l’isolation de la Russie de différents forums internationaux et de systèmes de coopérations, notamment avec le G8 ou l’OTAN.

2 - sanctions individuelles : gel des avoirs et restriction de déplacement sur 200 entités environ. Elles ont été reconduites le 7 septembre 2016 par l’UE

3 - sanctions économiques : mises en  place  le 1er août 2014, suite au crash de la Malaysia Airlines, elles ont été renforcées le 12 septembre de la même année, suite à l’échec du Protocole de Minsk I. Ces sanctions économiques touchent trois secteurs stratégiques : tout d'abord la limitation d’accès aux marchés de capitaux qui empêche la Russie de financer d’importants projets, essentiellement dans le secteur énergétique. Ensuite, elles visent à réduire l’exportation de technologies dans le secteur de l’extraction énergétique ainsi que de bloquer le commerce de l'armement.

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Les grandes manoeuvres économiques


06 juil, 2016 Bruno Husquinet

Sanctions contre la Russie (3/3)

Plus de deux ans après, il existe deux lectures radicalement différentes sur l’histoire des événements en Ukraine.
Pour Moscou, la révolution ukrainienne est un coup d’Etat organisé par l’extérieur, dans la tradition des révolutions de couleurs puis des révolutions arabes. Le Kremlin dénonce cet interventionnisme visant à renverser illégalement des régimes et craint la contamination à l’intérieur de ses frontières. En Ukraine, il n’a pas hésité à intervenir pour défendre ses intérêts stratégiques en mer Noire. Il a donc tout fait pour y maintenir sa flotte, son accès aux mers chaudes et sa place au milieu de ce carrefour énergétique. L’inauguration d’un monument dédié aux « petits hommes verts », ces soldats russes sans insigne qui ont contribué aux changements politiques en Crimée, est la reconnaissance officielle de l’implication russe.
Pour Bruxelles et Washington, la Russie est devenue un Etat dont il faut se méfier depuis le retour de Vladimir Poutine à la présidence en 2012. Les deux capitales nourrissent des doutes profonds sur la nature démocratique de ce pays et sur la modernisation de son armée, surtout depuis le conflit de 2008 en Ossétie du Sud. L’axe transatlantique voit dans ses agissements une manœuvre géopolitique fusionnant les ambitions de la Russie impériale et soviétique. Il s’agirait donc de manipulations exercées par Moscou afin de déstabiliser certaines régions dans son voisinage proche et y imposer l'influence du « monde russe » tout en bloquant l’expansion de l’Otan. Ces accusations, sous forme de procès d’intention, ont jeté un froid sur les relations Est-Ouest. A ce jour, il y a peu d’éléments concrets qui étayent ces discours antagonistes, comme en témoigne l’imbroglio autour de la qualification juridique de la situation. Ignorant le principe fondamental selon lequel le fardeau de la preuve incombe à celui qui affirme (Affirmanti incumbit probatio), des sanctions ont été prises et ont enclenché une chaîne de réactions, engendrant un schisme en Europe. 

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Coup de grisou dans le Donbass


01 juil, 2016 Bruno Husquinet

Sanctions contre la Russie (2/3)

La première vague de sanctions économiques prise par les Etats-Unis et l’Union Européenne (UE) à l’encontre de la Russie reposent sur une lecture d’une agression russe en Crimée et d’une annexion illégale. Une deuxième série de mesures restrictives a été prise par le tandem USA-UE suite aux événements dans le Donbass. Ces nouvelles sanctions économiques, envisagées dès mars 2014 et mises en place à partir du mois d’août de la même année, sont officiellement justifiées par les « actions de la Russie déstabilisant la situation dans l’Est de l’Ukraine ». Du côté européen, ces mesures, initiées par le Comité des représentants permanents de l’Union Européenne[I], touchent trois secteurs : financier avec la limitation à l’accès aux marchés des capitaux [II]; militaire avec la mise en place d’un embargo sur le matériel; énergétique, avec notamment l’interdiction d’exporter matériel et technologie pour exploiter le gaz de schiste bitumeux et les eaux profondes de l’Arctique. Les enjeux énergétiques ont une place prépondérante dans cette crise. La levée de ces mesures qui nuisent à l’économie russe, mais également à l’économie européenne puisque le Kremlin a mis en place des contre-sanctions, est conditionnée au respect des accords de Minsk. Ces accords, en 13 points, reprennent les mesures destinées à réduire les violences : retrait de l’artillerie lourde, cessez-le-feu, rétablissement de l’unité du pays, en déterminant le statut du Donbass au sein de l’Ukraine et en rendant à Kiev le contrôle des frontières avec la Russie une zone actuellement aux mains des rebelles.

Un jugement prononcé par un tribunal de Kiev le 12 mai 2016 a fait chanceler les fondements de ces sanctions. En effet, la décision, très peu médiatisée, précise : « le tribunal n’a pas pu établir l’existence d’une agression armée russe, faute de preuves suffisantes »

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Crimée et châtiment


14 juin, 2016 Bruno Husquinet

Sanctions contre la Russie (1/3)

Voici quelques clefs de réflexion sur la  "guerre économique " en cours et ses origines. Cette première partie concerne la Crimée, la seconde étudiera la question du Donbass et la troisième analysera les sanctions elles-mêmes.

Après deux années, les raisons qui ont amené nombre d’Etats à prendre des sanctions à l’encontre de la Russie se dissolvent dans la complexité de la situation ukrainienne actuelle. Suite à la déclaration d’indépendance de la Crimée et au référendum pour son rattachement à la Russie en mars 2014, les Etats-Unis et l’Union Européenne lancent une première vague de sanctions qui reposent sur une lecture d’une agression russe en Crimée et d’une annexion illégale. Très rapidement, d’autres pays les rejoignent et progressivement, ces sanctions s’étendent pour se confondre avec celles liées aux événements du Donbass. Aujourd’hui, curieusement la levée de ce paquet global de sanctions est conditionnée par la mise en œuvre des Accords de Minsk, accords qui pourtant ne concernent pas la Crimée (I).
De son côté, la Russie lance des contre-sanctions, comme mesures de contre-attaque. 

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Racket américain et démission d'Etat


02 janv, 2015 Leslie Varenne, Eric Denécé

Le 19 décembre 2014, l'assemblée générale des actionnaires d'Alstom a autorisé la vente des activités de sa branche Energie à General Electric (GE). Une nouvelle fois la France a capitulé devant son allié américain en lui cédant dans des conditions litigieuses et rocambolesques les activités rentables et pour partie stratégiques d'un fleuron de son industrie.*

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Le trésor du Guide


01 janv, 2015 Leslie Varenne

  Libye : le casse du siècle

Dans les antichambres des guerres, raison d’Etat se conjugue souvent avec intérêts financiers. En Libye, comme ailleurs, les vainqueurs ont pillé les vaincus. Où se trouve le trésor du Guide ? Les libyens reverront-ils leur argent ? Deux ans après la chute de Tripoli, les véritables raisons de la guerre en Libye taraudent toujours les esprits. La France, le Qatar et leurs alliés ont-ils sauvé un printemps libyen, secouru les populations civiles et ramené la démocratie ? Grâce à une rente pétrolière rapportant 70 milliards de dollars par an, la Libye du colonel Kadhafi avait amassé une fortune colossale et investit des milliards de dollars un peu partout sur la planète. Une puissance financière qui lui permettait de jouer un rôle politique sur la scène internationale, particulièrement en Afrique. Le trésor du Guide a-t-il pesé dans le déclenchement de la guerre ou n’a-t-il été qu’une belle opportunité ?

Enquête publié dans le magazine Long Cours en septembre 2013    

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