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Les États-Unis en faillite… et alors !
11 mars, 2019 Jean-Luc Baslé

Dans les livres d'une entreprise, il y a des actifs et des passifs. La différence entre les deux est sa valeur nette, c’est-à-dire sa valeur du point de vue comptable. Si le chiffre est négatif, la société est en faillite. Les nations ont aussi des actifs et des passifs. Le solde entre les deux est appelé « solde net d’investissement international ». Le chiffre pour les États-Unis est négatif. Pire encore, il est passé de moins 34 milliards de dollars en 1979 à moins 7 725 milliards (40% du PIB) en 2017. Les États-Unis ne sont pas seulement en faillite, ils sombrent dans un territoire inconnu. Est-ce que cela a une importance ?  La suprématie du dollar est-elle menacée ?

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L'avenir de l'euro n'est pas assuré
02 janv, 2019 Jean-Luc Baslé

A l’occasion du 20ème anniversaire de l’euro, ses partisans se félicitent de son succès (1). Mais, son avenir est loin d’être assuré. Au plan pratique, c’est un succès. Son adoption facilite les transactions commerciales et financières, et abaisse leur coût. Les touristes y trouvent leur compte par la facilité qu’il leur accorde de voyager à travers l’Europe. Mais, économiquement, c’est un échec. De 2000 à 2017, la croissance moyenne de la zone euro (1,3%) est plus faible que celle de l’Union européenne (1,7%), de la Grande-Bretagne (1,9%) et des Etats-Unis (2,0%). Le chômage (9,5%) y est plus élevé qu’en Union européenne (9,0%), qu’en Grande-Bretagne (5,9%) et qu’aux Etats-Unis (6,1%). Le taux de chômage des moins de 25 ans est alarmant : 34% pour l’Espagne, 29% pour l’Italie et 24% pour la France. Seuls, l’Allemagne (9,8%) et les Pays-Bas (10,2%) font mieux. Ces chiffres sont à comparer avec ceux des Etats-Unis (12,8%) et de la Grande-Bretagne (15,3%) (2). Les gilets jaunes sont l’expression de cet échec, même si d’autres facteurs sont à l’œuvre. A quoi tient-il ? A trois causes principales : politique, idéologique et structurelle. En refusant de faire les réformes qui s’imposent pour le sauver, les autorités nationales et européennes le condamnent.

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Pourquoi la France achète-t-elle de la dette américaine ?
05 nov, 2018 Leslie Varenne, géneral Dominique Delawarde, Jean-Luc Baslé

Cette note a été modifiée par ses auteurs le 8/10/2018.

De nombreux analystes financiers alertent sur une probable crise financière en provenance des Etats-Unis, à l’horizon 2020. Elle serait plus catastrophique que celle de 2008 (voire la note de Jean-Luc Baslé). Dans la crainte d’un krach financier, des nations se délestent de leurs obligations du Trésor américain. A l’inverse, la France augmente ses achats. Son stock qui était de 3,8 milliards de dollars en février 2008, s’élève désormais à 118,4 milliards. Entre avril 2017 et août 2018, Paris a acheté plus de 51 milliards de dollars de dettes américaines...

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De la crise de 2008 à celle de 2020
08 oct, 2018 Jean-Luc Baslé

Exceptionnellement, l'IVERIS reprend un papier paru dans un autre média, Les Echos, car cet article très clair et très argumenté de Jean-Luc Baslé, ancien directeur de Citigroup New-York, alerte sur la crise financière à venir. A la fin de cette note, nous publions également les commentaires pertinents du Général Dominique Delawarde

Les annonces d’une prochaine crise économique et financière se multiplient aux Etats-Unis. Après l’ancien gouverneur de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, c’est au tour de Nouriel Roubini, professeur à la New York University de prévoir une crise pour 2020 (2). En soi, ce n’est pas un scoop, les crises sont récurrentes dans le système capitaliste, et le cycle actuel d’expansion est le second le plus long après celui des années 2000. Mais, la qualité du premier, et la crédibilité du second qui fut l’un des rares à prévoir la crise de 2008, confèrent une résonnance particulière à leurs annonces.

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L' empire du mal
11 sept, 2018 Jean-Luc Baslé

« L’empire du mal », c'est ainsi que Ronald Reagan avait qualifié l'Union soviétique. L'URSS n’est plus mais il y a un nouvel empire du mal : les Etats-Unis. Le monde vit sous la menace d’un empire maléfique depuis la révolution bolchévique de 1917, à l’exception d’une courte pause entre décembre 1991 et février 1992. En effet, c’est en 1992 que le Pentagone a déclaré au monde qu’il ne tolérerait plus aucune remise en cause de l’hégémonie mondiale des Etats-Unis. Un des conseillers de Georges W. Bush, sans doute Karl Rove, a clairement exprimé cette nouvelle réalité lorsqu’il a déclaré « Nous sommes un empire maintenant et lorsque nous agissons, nous créons notre propre réalité » (1). C’est à partir de ce moment que la descente aux enfers a commencé. Comment cela finira-t-il ?

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Commerce international : une querelle dérisoire
12 juin, 2018 Jean-Luc Baslé

Donald Trump a bousculé l’échiquier mondial au nom de son slogan « America First ». Il l’applique en priorité à l’économie en vue de faire revenir aux Etats-Unis des emplois partis à l’étranger. C’est une mauvaise querelle qui repose sur une mécompréhension des faits. Ceci dit, avant d’entamer notre propos, reconnaissons qu’il a raison au sujet de l’Allemagne. Sa politique est mercantile depuis la fin du 19ème siècle. Elle se conduit en passager clandestin en termes de défense ce qui bien sûr favorise son commerce extérieur. Avec l’euro, elle bénéficie d’un Deutschemark mark dévalué d’environ 10%. Sa politique mercantile est en infraction des règles du Fonds monétaire international, de l’Organisation Mondiale du Commerce et de l’Union européenne. Elle a été condamnée par l’OCDE et le Trésor américain sans résultat. Voilà pourquoi Angela Merkel est si prudente dans sa réaction aux propos de Donald Trump.

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Une configuration mondiale très dangereuse
08 mai, 2018 Jean-Luc Baslé

Le 12 mai, Donald Trump ne renouvellera pas la participation des Etats-Unis au plan d’action conjoint sur le nucléaire iranien. Que l’Iran soit en conformité avec l’accord importe peu. Le Président estime l’accord intrinsèquement mauvais. Sa décision posera un dilemme à l’Iran et à la Russie. Elle aura aussi pour effet de déstabiliser la scène internationale. Si les dirigeants iraniens ne font rien, ils encourront la colère du peuple. S’ils redémarrent leur programme nucléaire de défense, comme l’a laissé entendre Mohammad Javad Zarif, le ministre des Affaires étrangères, ils donneront aux Israéliens l’excuse dont ils ont besoin pour convaincre Donald Trump d’intervenir en Iran. Avec au côté du Président, le Conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, acquis à la cause israélienne, cela ne devrait pas être difficile.

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Russiagate : les poupées russes de la conspiration
09 mars, 2018 Jean-Luc Baslé

Russiagate est une succession d’évènements qui s’emboîtent les uns dans les autres, et débouchent sur une conspiration (1). C’est l’illustration de la politisation des services secrets américains et du mépris d’une élite pour la démocratie. En poursuivant les rêves des Paul Wolfowitz, William Kristol et autres Robert Kagan, des hommes politiques comme John McCain, Lindsey Graham, John Bolton et bien d’autres précipitent le déclin d’une nation qu’ils considèrent exceptionnelle. Cette affaire Russiagate est non seulement désastreuse pour les Américains qui dans leur ensemble n’ont pas conscience des enjeux, elle est aussi extrêmement dangereuse pour l’humanité par la résurgence de la Guerre froide qu’elle engendre.

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Vers un nouvel ordre mondial
05 mars, 2018 Jean-Luc Baslé

Dans les quinze dernières minutes de son discours du 1er mars 2018, Vladimir Poutine a fait des révélations fracassantes sur les nouvelles armes russes. Il a mentionné, entre autres, un missile volant à 20 Mach, soit 24.500 kilomètres par heure, grâce à une enveloppe plasma. Ce missile et plusieurs autres rendraient le système de défense des Etats-Unis obsolète. L’annonce est si extraordinaire qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’il bluffe. Peut-être, mais ce n’est pas dans son caractère, et il serait très irresponsable de bluffer sur un tel sujet. Qu’adviendrait-il de la Russie une fois le bluff découvert ? Se peut-il alors qu’il soit abusé par ses généraux ? C’est possible, mais peu probable. Qui souhaite avoir affaire à un Poutine furieux ? La raison nous incite donc à prendre ses affirmations pour argent comptant. La chose est trop sérieuse pour être prise à la légère.

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Les États-Unis réitèrent leurs ambitions
27 janv, 2018 Jean-Luc Baslé

Il existe de nombreuses idées fausses à l’égard des Etats-Unis. Suite à l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, deux méritent que l’on s’y attarde. Ils seraient isolationnistes et bienveillants. C’est la vision qu’en ont les Européens. Les pays d’Amérique du sud qui vivent sous leur joug depuis deux cents ans, en ont une autre. La vision européenne est née de leur intervention tardive dans la Première Guerre mondiale et de leur politique extérieure à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La réalité est tout autre que l’image d’Épinal véhiculée par ces souvenirs. Dès l’origine, l’élite américaine s’estime dotée d’une mission à l’égard du monde qui soustend toujours la politique extérieure des États-Unis. On la retrouve dans deux documents publiés récemment : le National Security Strategy et le National Defense Strategy. L’un et l’autre réitèrent l’ambition hégémonique des États-Unis ce qui, du même coup, rend impossible toute paix négociée avec la Russie et la Chine. Cette vision est intrinsèquement dangereuse. En voici les origines et l’évolution au cours du temps. 

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