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Tempête sur le grand Moyen-Orient

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10 octobre, 2017
Note de lecture
Leslie Varenne


Comme l’écrit Michel Raimbaud : « Cet ouvrage est destiné à tous ceux qui s’intéressent aux peuples arabes et/ou musulmans, à leur histoire et leur avenir. Mettant en évidence la vérité profane et politique des évènements actuels et le versant fallacieux de l’appel pseudo-religieux qui les inspire, il vise également un public bien plus large, celui des personnes désireuses de déchiffrer et de démystifier ce vieux monde où l’on sème si facilement la mort et la destruction au nom du Bien, si ce n’est au nom de Dieu. »  

Il y a deux ans « Tempête sur le Grand Moyen-Orient », paraissait aux Editions Ellipses. Enrichie dans son contenu, une deuxième édition, remise à jour est sortie en janvier dernier. Mais il n’est pas trop tard pour en faire une recension, car c’est le genre d’ouvrage que l’on garde dans une bibliothèque et dont on relit certains passages avec plaisir au gré de l’actualité et de ses questionnements. Bien que diplomate, l’ambassadeur Raimbaud n’emploie pas le langage policé en cours dans les chancelleries, il a le verbe dru et le sens de la formule, il n’épargne ni les sots, ni les va-t’en guerre. S’agissant de la séquence d’août 2013, où sur la base d’informations erronées concernant l’attaque chimique de la Ghouta, la France se tenait prête à bombarder la Syrie, l’auteur écrit : « le 31 août 2013, les radios règlent leurs micros, les TV préparent leurs caméras, les journalistes répètent leurs fadaises. A Paris, un président attend avec impatience. Il est en réunion avec son staff et le doigt sur la gâchette – les pilotes sont, paraît-il, au manche à balai – lorsqu’Obama l’appelle in extremis : il n’y aura pas de « frappes punitives » pour l’instant. Le cow-boy n’est pas toujours texan. »

Lors de la première parution du livre en 2014, le diplomate faisait figure d’iconoclaste, il est vrai qu’à l’époque, les médias et les salons parisiens défendaient avec une certaine ardeur « ces gentils rebelles modérées qui se battaient pour la démocratie et contre le méchant Bachar ».  Aujourd’hui, le verrou a sauté et il n’est plus tabou d’accuser les pétromonarchies d’avoir financé les multitudes de groupes armés syriens. Encore un effort, et bientôt, la responsabilité des pays membres de l’Otan dans ce conflit ne sera plus éludée [1]. Et qui sait, dans cinq ou six ans, les journalistes qui ont défendu avec tant de constance les terroristes déguisés pour les besoins de la cause en « rebelles modérés » sortiront des scoops, - décrivant la stratégie des dits rebelles, de leurs alliés et les horreurs commises -  écrits dix ans plus tôt par Michel Raimbaud !

 

(1) A ce sujet, lire l’excellent article de Maxime Chaix, intitulé : en Syrie, le plus grand fiasco de la CIA. Ce papier très bien écrit et sourcé est une mine d’informations : http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/en-syrie-le-plus-grand-fiasco-de-la-cia-139175839 

 

 





Tags:
arabie saoudite, diplomatie, djihadistes, etat islamique, etats-unis, france, frères musulmans, terrorisme