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Semper aliqui novi ex Africa !

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15 avril, 2020
Note
Bruno Clément-Bollée


Comme Pline l’Ancien le remarquait en son temps, l’Afrique nous surprend, une fois encore. Dans la crise planétaire du coronavirus, alors que depuis près d’un mois les déclarations de nos doctes experts abondent pour nous prédire l’inévitable, l’écroulement d’un continent non préparé, sous-équipé, mal organisé… Curieusement, rien ne semble se passer comme prévu. 

 

Un de nos grands quotidiens révèle d’ailleurs tout récemment l'impossibilité de dresser le bilan de l’épidémie pour les pays d’Afrique tant le nombre de nouveaux cas confirmés par jour y est faible. Mais les oracles n’en démordent pas, l’Afrique ne résistera pas aux conséquences du virus. Désolé chers experts de l’apocalypse mais l’effondrement sanitaire du continent ne semble pas encore au rendez-vous !

Il n’est pas question pour autant de recommander l’inaction face au mal sournois et mortifère qui tente de s'insinuer. Au contraire, observer, comprendre, agir s'imposent plus que jamais.

Observer d’abord ! En Afrique, d’après les chiffres, l’épidémie semble évoluer différemment qu’ailleurs. D’aucuns pointent la chaleur, l’extrême jeunesse de la population, ou encore l’accoutumance des organismes à la nivaquine utilisée depuis si longtemps, dont la prise contrôlée aurait des effets curatifs importants.

Comprendre ensuite ! La somme de tous ces éléments réunis, et d’autres qui nous échappent encore, ne peut-elle nous aider à admettre l'inexplicable ? 

Agir enfin ! L’Afrique n’a pas attendue pour passer à l’action, comptant d’abord sur ces propres ressources, humaines et matérielles. Pragmatisme, débrouillardise et intelligence inspirent partout les équipes médicales qui se sont mises à la tâche avec courage et dévouement.

Frappera ? Ne frappera pas ? Débattre du sujet ainsi peut paraître stérile pour certains, sauf que derrière pointe avec force la recommandation miracle, le confinement. La mesure est-elle pertinente pour l’Afrique quand la diffusion du virus semble à ce jour ne pas prendre comme ailleurs sur le terrain ?

Soyons sérieux ! Qui peut croire possible de confiner la population dans les quartiers surpeuplés des mégalopoles africaines ! Qui peut contraindre à l’inaction celui qui gagne péniblement au jour le jour sa survie quotidienne ! On n’impose pas ce qu’on ne peut contrôler, or ce sera incontrôlable. Et puis, gare aux dégâts ! Les conséquences économiques et sociales provoquées, doublées des inévitables désordres sécuritaires, seront épouvantables ! Aussi en Afrique, le système de protection de masse face à l'épidémie reste encore à inventer et, comme pour Ebola, d'éminentes personnalités africaines y travaillent. Des moyens, financiers notamment, seront nécessaires. 

A cet égard, il faut noter la mobilisation de la solidarité internationale. Espérons d’abord que l’aide annoncée sera plus effective que les habituelles promesses, comme au Sahel. Déjà les premières annonces ne sont à ce stade et pour l'essentiel que des financements déjà octroyés et redirigés désormais sur la ligne santé. Mais l’important est surtout qu’ils soient utilisables rapidement. Il faudrait ensuite que cette aide corresponde vraiment aux souhaits africains. Et là, de grâce et pour une fois, soyons capables de faire confiance. Comme le souligne le Président Macky Sall dans Jeune Afrique, le continent a des idées sur le sujet et des réponses à mettre en œuvre. Alors n’imposons rien mais proposons notre aide, conditionnée si besoin, mais concrète et massive pour accompagner les autorités africaines à mettre en œuvre les solutions qu’elles auront elles-mêmes décidées, confinement ou pas.

Général Bruno Clément-Bollée

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afrique