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Sanctions économiques contre la Russie, l'arme de l'alliance transatlantique

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08 septembre, 2016
Rapport
Bruno Husquinet


Résumé du rapport :

Depuis le printemps 2014, plusieurs vagues de sanctions ont été prises à l’encontre de la Russie, essentiellement par les Etats-Unis et l’Union Européenne. Pour la première fois de l’histoire, l’alliance transatlantique a élaboré en commun ces mesures restrictives, divisées en trois catégories : 

1 - sanctions politiques : visant à l’isolation de la Russie de différents forums internationaux et de systèmes de coopérations, notamment avec le G8 ou l’OTAN.

2 - sanctions individuelles : gel des avoirs et restriction de déplacement sur 200 entités environ. Elles ont été reconduites le 7 septembre 2016 par l’UE

3 - sanctions économiques : mises en  place  le 1er août 2014, suite au crash de la Malaysia Airlines, elles ont été renforcées le 12 septembre de la même année, suite à l’échec du Protocole de Minsk I. Ces sanctions économiques touchent trois secteurs stratégiques : tout d'abord la limitation d’accès aux marchés de capitaux qui empêche la Russie de financer d’importants projets, essentiellement dans le secteur énergétique. Ensuite, elles visent à réduire l’exportation de technologies dans le secteur de l’extraction énergétique ainsi que de bloquer le commerce de l'armement.

Ce sont surtout les sanctions économiques qui sont les plus lourdes de conséquences et qui ont nui le plus aux relations russo-occidentales.  La Russie a réagi en mettant en place des contre-sanctions, touchant essentiellement l’agriculture européenne.

L’argumentaire et les bases légales de ces sanctions à l’encontre de la Russie chancellent quand elles sont soumises à une lecture juridique. La bulle propagandiste a créé un effet de rhétorique et la vérité historique est mise à mal. A la lumière du présent et plus de deux ans après le début des événements, il s’avère que les sanctions ne sont rien d’autres que l’arme privilégiée sur le front économique d’une guerre complexe qui se joue entre le monde transatlantique et le monde eurasien depuis la Baltique jusqu’à la mer Noire.

Depuis la fin de l’Union soviétique, Kiev était coincée et tiraillée entre deux systèmes d’alliance. Aujourd’hui, l’Ukraine est dans la sphère d’influence transatlantique avec la mise en place de l’Accord d’Association avec l’UE et la volonté déclarée de rejoindre l’OTAN. En choisissant de s’aligner avec la Russie à la fin de l’année 2013, Viktor Yanukovich a allumé la mèche qui a enflammé l’opposition,  mobilisé la rue et mis fin à sa Présidence. La réaction en chaîne s’est emballée et a provoqué la division du pays entre pro-Occidentaux et pro-Russes, chacun soutenu par des acteurs extérieurs. La division s’est transformée en conflit armé, toujours en cours dans l’Est du pays et sans véritable issue diplomatique en vue. Chaque camp a développé son narratif. Pour Moscou, un coup d’état a été instigué de l’extérieur pour soutenir les velléités expansionnistes de l’OTAN. En face, il s’agit de mettre en œuvre tout ce qui est possible pour arrêter l’agression russe et réduire la dépendance énergétique européenne à l'égard de Moscou. Les troupes s’amassant aux frontières et les voix belliqueuses s’élèvent bien plus fort que celles qui tentent en vain de résoudre la crise au travers des souffreteux accords de Minsk. 

 

Télécharger le rapport :

Rapport-sanctions-contre la-Russie.pdf